Vivre l’Avent

Nous vous proposons de préparer Noël en nous mettant à l’école des 4 derniers saints français canonisés.

« Jésus de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il se dépouilla lui-même, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. » (Ph 2,6)

Noël est le mystère du dépouillement infini de Dieu : c’est le chemin qu’il emprunte pour nous rejoindre ; c’est la seule attitude possible, de notre part, pour l’accueillir. Cette année, à l’école des 4 saints français les plus récemment canonisés, préparons le chemin du Seigneur en contemplant ce mystère d’un Dieu qui épouse la pauvreté, et en travaillant notre propre vie pour nous dépouiller de nous-même et faire ainsi place à Dieu qui vient.

Le dépouillement pour accueillir Dieu tout entier en soi

Avec sainte Élisabeth de la Trinité (1880 -1906), canonisée le 16 octobre 2016.

Diaporama à l’usage des enfants

Parole de Dieu (Mt 1, 18-24)

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».    Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Paroles de vie de sainte Élisabeth de la Trinité

– « Dans ce petit sanctuaire tout intime de mon âme, je le trouve à chaque heure du jour et de la nuit. Je ne suis jamais seule. Le Christ est là toujours priant en moi et je prie avec lui. »

– « Pense que ton âme est le temple de Dieu ; à tout instant du jour et de la nuit les trois Personnes divines demeurent en toi. Si tu préfères penser que le bon Dieu est près de toi plutôt qu’en toi, suis ton attrait pourvu que tu vives avec Lui. Pense que tu es avec Lui, et agis comme avec un Être qu’on aime; c’est si simple, pas besoin de belles pensées mais un épanchement du cœur. »

– « Au ciel, je le crois, ma mission sera d’attirer les âmes dans le recueillement intérieur, en les aidant à sortir d’elles-mêmes pour adhérer à Dieu par un mouvement tout simple et tout amoureux; de les garder en ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s’imprimer en elles, de les transformer en lui. »

Chemin d’Avent

Pour la venue du Christ parmi les hommes, il faut le oui de Marie que Dieu choisit pour mère. Mais un autre oui est capital : celui de Joseph, qui, autant que Marie, a fait place à Dieu dans son cœur. Joseph le juste, autrement dit celui qui vit dans un contact si profond avec la parole de Dieu qu’il est ajusté à la volonté divine. Et parce qu’il est juste, il peut reconnaitre que c’est Dieu en personne que porte Marie. Joseph le silencieux, qui, saisi de crainte devant la présence divine, veut d’abord s’éloigner, mais écoute et accepte la mission confiée par l’ange. Joseph l’aimant, qui offre son amour pour un amour plus grand encore, en renonçant à lui-même afin de vivre sa vie d’époux selon la volonté divine. Il touche ainsi directement le grand mystère de Dieu qui vient habiter chez les hommes.

Sainte Élisabeth de la Trinité

Ce mystère de Dieu qui fait sa demeure en l’homme remplit la spiritualité de Sainte Élisabeth de la Trinité. Élisabeth Catez naît en 1880. C’est une enfant vive, qui a la douleur de voir mourir son père alors qu’elle n’a que 7 ans. Sa mère s’installe, avec ses deux filles, à Dijon, où Élisabeth fréquente le conservatoire. Elle fait preuve d’un réel talent musical couronné, à 13 ans, par un premier prix de piano. C’est une jeune fille au caractère enthousiaste, affectueux et généreux, qui a de nombreux amis, chérit sa mère et sa sœur. Douée d’un fort caractère, elle sait ce qu’elle veut. Et ce qu’elle veut, depuis ses huit ans, c’est devenir religieuse.

En 1891, c’est le temps de sa première communion puis de sa confirmation que la fillette vit en faisant l’expérience très forte de la présence de Dieu en elle. Et elle se laisse peu à peu littéralement captivée par un amour qui prend le dessus. Elle n’a que 14 ans lorsqu’elle écrit un acte d’offrande à la Trinité, reflétant la richesse de sa vie intérieure continuellement unie à Dieu. Élisabeth avance à grands pas dans la vie spirituelle et saisit toutes les occasions pour murir sa vocation : c’est au Carmel qu’elle veut entrer. Sa mère ne veut pas en entendre parler. Respectant sa volonté, mais souffrant en silence, Élisabeth attend en espérant la levée du veto maternel. Elle ne veut pas peser sur l’atmosphère familiale et reste très présente à toutes ses occupations, mais ses proches la sentent prise ailleurs, « tandis que je dansais avec les autres j’étais comme hantée par ce Carmel qui m’attirait tant ».

A 19 ans la permission maternelle lui est enfin donnée, mais elle devra attendre sa majorité. Enfin, à 21 ans, ses désirs sont comblés : elle franchit la porte du Carmel. Elle en vit les exigences dans la joie, mais connaît aussi la souffrance du passage par une nuit spirituelle. La lumière revient avec le sentiment d’accomplir la volonté de Dieu. Élisabeth de la Trinité, musicienne, s’épanouit dans le silence de la contemplation, elle veut être « une louange de gloire » à la Trinité. En 1905, elle ressent les premiers symptômes d’une maladie endocrinienne rare qui va la faire beaucoup souffrir.  Elle en meurt le 9 novembre 1906, dans un dernier acte de confiance : « Je vais à la Lumière, à l’Amour, à la Vie. »

Tout au long de sa courte vie, qu’elle a vécue comme « un Avent qui prépare l’Incarnation dans les âmes », Sainte Élisabeth de la Trinité développe une spiritualité dont la pierre de fondation est la présence de Dieu dans notre cœur de baptisé, nous permettant, à notre tour, de demeurer en Lui. La conviction d’Élisabeth nous concerne tous : « Il faut prendre conscience que Dieu est au plus intime de nous et aller à tout avec Lui, alors on n’est jamais banal, même en faisant les actions les plus ordinaires. »

En marche aujourd’hui

Le message spirituel de Sainte Élisabeth peut sembler paradoxal, choquant même à notre époque : c’est en se vidant d’elle-même pour faire place à un Autre qu’elle a voulu accomplir sa vie. Aujourd’hui tout nous pousserait plutôt à chercher notre accomplissement personnel au détriment des autres : « l’enfer c’est les autres ! ».

  • Dans mes études ou mon travail, comment se joue le rapport aux autres : rivalité ou solidarité ?
  • Depuis Caïn et Abel nous savons bien que la rivalité avec l’autre déchire jusqu’à nos vies de famille : qu’en est-il de la mienne ? Quels gestes d’attention à l’autre, voire de réconciliation puis-je envisager à l’occasion de ce Noël ?
  • Dieu habite en moi depuis le jour de mon baptême. Il a pour moi un projet de bonheur. En ai-je suffisamment conscience ? Quelle place suis-je prêt à lui laisser dans la conduite de ma vie ?

Avec Marie…

marieMère de Dieu, tu as été élue pour réaliser le plan du Salut, c’est ainsi que le Verbe en toi a pris chair. Par ton oui il s’est lié pour toujours à notre humanité. Obtiens-nous la grâce, à l’approche de Noël, d’un cœur pur qui accueille la présence du Dieu tout Amour et la reconnait en l’autre, pour accomplir notre vocation humaine.

Je vous salue Marie…

Nous vous proposons de préparer Noël en nous mettant à l’école des 4 derniers saints français canonisés.

« Jésus de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il se dépouilla lui-même, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. » (Ph 2,6)

Noël est le mystère du dépouillement infini de Dieu : c’est le chemin qu’il emprunte pour nous rejoindre ; c’est la seule attitude possible, de notre part, pour l’accueillir. Cette année, à l’école des 4 saints français les plus récemment canonisés, préparons le chemin du Seigneur en contemplant ce mystère d’un Dieu qui épouse la pauvreté, et en travaillant notre propre vie pour nous dépouiller de nous-même et faire ainsi place à Dieu qui vient.

Le dépouillement dans le martyre

Avec saint Salomon Leclercq (1745-1792), canonisé le 16 octobre 2016.

Diaporama à l’usage des enfants

Parole de Dieu (Mt 11, 2-11)

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux,  lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »  Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! » Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? Un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? Un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

Paroles de vie de saint Salomon Leclercq

« Se tenir en l’état où l’on voudrait être pour aller paraître devant le Souverain Juge: telle doit être la vie d’un chrétien qui a de la foi. Il doit regarder toutes les choses d’ici-bas, richesses, plaisirs, bonne chère comme de pures vanités, propres à amuser des hommes de chair et de sang et incapables de contenter une âme qui sait qu’elle est faite pour jouir de Dieu et pour en jouir éternellement. Tâchez d’entretenir ces sentiments et ces dispositions dans  vos enfants que j’embrasse avec bien de la tendresse. Si Dieu le permet, j’irai vous joindre et mêler mes larmes avec les vôtres. Mais non ! que dis-je, pourquoi pleurer puisque l’Évangile nous engage à nous réjouir quand nous aurons quelque chose à souffrir pour son nom ? Souffrons  donc gaiement et avec action de grâce les croix et les afflictions qu’Il nous enverra » (Lettre à sa sœur, le 15 août 1792)

Chemin d’Avent

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » C’est la question ultime que pose Jean-Baptiste du fond de sa prison, la question de celui qui sait ses jours comptés, le doute de celui qui éprouve le mal et s’interroge sur le silence de Dieu. La réponse de Jésus est invitation à voir au-delà de ce mal les traces du passage bien réel du Seigneur dans l’histoire et dans nos vies et d’en être témoins. Jean-Baptiste, lui qui nous enseigne le dépouillement pour que nous décroissions afin que le Christ grandisse en nous (Jn 3,30), lui qui est le plus grand des prophètes, révèle ainsi que le plus petit dans le Royaume n’est autre que Dieu lui-même qui se fait tout petit enfant.

Saint Salomon Leclercq a vécu jusqu’au martyre ce dépouillement de lui-même

Fils d’un négociant de Boulogne–sur-mer, il rejoint à 22 ans les Frères des Écoles chrétiennes, Institut qui a pour vocation de donner une éducation chrétienne gratuite aux jeunes défavorisés. Il se met au service des enfants et des jeunes, même les plus fragiles, pour toujours les mettre en situation de réussite. Fidèle à son oui initial, frère Salomon enchainera plusieurs missions dans différents établissements : d’abord auprès d’enfants d’école primaire, puis de jeunes en difficultés, ensuite responsable de l’intendance et enfin il sera adjoint au supérieur général. Il reçoit ces missions avec disponibilité et humilité comme le témoignent les lettres écrites à ses proches : « Priez Dieu seulement qu’Il m’accorde de faire mon emploi, quel qu’il soit, pour son amour, qu’Il détruise mon orgueil et qu’Il me donne l’humilité, en un mot que je devienne un saint. Oh! que j’en suis éloigné!»

En 1790, alors que la Révolution française est engagée, il refuse de prêter serment à la Constitution. Dans le contexte d’une France troublée, période de véritables persécutions, il poursuit sa mission dans la clandestinité. Après la chute de la Monarchie, en août 1792, le frère Salomon est arrêté et enfermé au couvent des Carmes, transformé en prison. Il y est sauvagement tué, lors des massacres du 2 septembre, aux côtés d’une centaine de victimes, évêques, prêtres, religieux.

Frère Salomon qui avait librement décidé de consacrer sa vie au Christ a conservé cette attitude de renoncement en répondant positivement aux appels successifs pour diverses missions, et en restant fidèle à sa vocation. Et, dans une situation dramatique, cette même attitude lui a donné la force de tenir debout, comme ses compagnons, fidèles jusqu’au martyre, dans un consentement définitif libérateur de tout sentiment négatif. « Au fond de leur détresse, ils ont gardé le sens du pardon. L’unité de la foi et l’unité de leur patrie leur sont apparues comme plus importantes que tout. » (St Jean-Paul II)

En marche aujourd’hui

Le dépouillement dans le martyre est redevenu aujourd’hui une caractéristique fondamentale de la vie chrétienne. Comme saint Jean-Paul II l’a mis en lumière, le christianisme en ce début de XXIe siècle est devenu la religion la plus persécutée de la planète : en Afrique, en Asie, au Moyen Orient, cette réalité est partout. Le 26 juillet 2016, elle s’est même invitée chez nous, avec la mort du Père Jacques Hamel, premier prêtre tué à l’autel dans notre pays depuis la Révolution Française.

L’Église, avec sagesse, prendra son temps pour éventuellement le reconnaître de manière officielle comme un martyr à l’égal de saint Salomon Leclercq. Mais déjà, devant cette vie radicalement donnée au terme d’un ministère très ordinaire, effacé même, nous devons nous interroger :

  • A qui, à quoi, ai-je donné ma vie ?
  • Ai-je déjà imaginé que le martyre puisse surgir pour moi « au coin de la rue » de ma vie ordinaire ?

L’effusion du sang n’est pas la seule forme possible du martyre : il existe aussi en « goutte à goutte » : rejet, discriminations, moqueries, entraves dans la vie professionnelle…. Ai-je déjà rencontré de telles situations ? Comme ai-je réagi ?

Avec Marie…

marie Reine des martyrs, tu as connu la douleur de fuir devant Hérode, qui voulait mettre à mort ton fils nouveau-né ; tu as enduré les fatigues et les angoisses de la fuite en Égypte : Obtiens-nous la grâce, à l’approche de Noël, de témoigner avec force et douceur de notre fidélité au Christ jusqu’à notre dernière heure.

Je vous salue Marie…

Nous vous proposons de préparer Noël en nous mettant à l’école des 4 derniers saints français canonisés.

« Jésus de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il se dépouilla lui-même, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. » (Ph 2,6)

Noël est le mystère du dépouillement infini de Dieu : c’est le chemin qu’il emprunte pour nous rejoindre ; c’est la seule attitude possible, de notre part, pour l’accueillir. Cette année, à l’école des 4 saints français les plus récemment canonisés, préparons le chemin du Seigneur en contemplant ce mystère d’un Dieu qui épouse la pauvreté, et en travaillant notre propre vie pour nous dépouiller de nous-même et faire ainsi place à Dieu qui vient.

Le dépouillement dans le quotidien de la vie de famille

Avec saints Louis et Zélie Martin (1823-1894 // 1831-1877), canonisés le 18 octobre 2015

Diaporama à l’usage des enfants

Parole de Dieu (Mt 3, 1-12)

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »  Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour père’ ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

Paroles de vie de Sainte Zélie Martin

« Le mieux est de remettre toutes choses entre les mains du Bon Dieu et d’attendre les évènements dans le calme et l’abandon à Sa volonté. C’est ce que je vais m’efforcer de faire. »

Chemin d’Avent 

Rude message que nous livre Jean-Baptiste ! Et pourtant, ne serait-ce pas le chemin du bonheur qui se révèle dans ces paroles tranchantes ? Dans notre quotidien où le péché sait si bien nous entourer, entrons dans la démarche qui nous est donnée. Commencer par faire un pas de côté : loin de l’agitation du monde, se placer sous le regard de Dieu et regarder en vérité la réalité de sa vie ; y reconnaître les difficultés, les détachements à consentir, les renoncements à faire. Ensuite se convertir, c’est-à-dire se tourner avec joie et confiance vers le Christ qui vient nous sauver. Et enfin préparer le chemin du Seigneur en préparant notre cœur par une attitude de disponibilité et de consentement pour cette rencontre. Nous serons prêts pour ce baptême du feu où tous les obstacles sont brulés, pour que seul subsiste l’amour authentique qui produit du fruit.

 

Ce fruit, il est visible dans la vie de Louis et Zélie Martin…

Zélie Guérin est née en 1831, dans l’Orne, au sein d’une famille attentive mais austère, son enfance fut « triste comme un linceul » dit-elle. Louis Martin est né en 1823 à Bordeaux dans une famille de militaires. Chacun d’eux s’est d’abord interrogé sur une vocation religieuse, puis ils se sont rencontrés et engagés dans le mariage en 1858. Zélie dirige un atelier de fabrication de dentelle au point d’Alençon. La qualité de son travail est renommée, elle est attentive à la vie de ses ouvrières. Louis est horloger bijoutier, il fera plus tard le choix de renoncer à son activité pour seconder sa femme dans la direction de l’atelier. II a un engagement fort sur le terrain social auprès des ouvriers. La profonde affection qui unit ces époux transparait dans la correspondance de Zélie , « ta femme qui t’aime plus que sa vie ».

Neuf enfants naîtront au foyer des Martin. Mais le couple a la douleur de voir mourir trois nourrissons et une petite fille de cinq ans. La foi de Louis et Zélie est mise à rude épreuve, « J’ai cru que j’allais en mourir », mais elle leur permet de surmonter le drame « Nous l’avons offerte ensemble au bon Dieu ». Chose rare pour l’époque, Louis  participe à l’éducation de ses cinq filles, éducation qui n’est pas sans souci, Léonie se révèle en effet une enfant difficile, psychologiquement fragile. La foi et l’amour qui animent le foyer de Louis et de Zélie et les rendent attentifs à ceux qui les entourent est un lieu d’expérience privilégié pour leurs filles. Que ce soit avant le décès de Zélie ou après, toute la famille Martin a pour habitude de se placer sous le regard de Dieu, confiante en l’intercession de la Vierge. Les joies, les difficultés, les projets, les affaires sont autant de sujets pour la prière quotidienne. Chacun apprend à recevoir et à donner. Pour ses enfants, Zélie souhaite le meilleur : devenir des saints! Cela ne l’empêche pas d’organiser des fêtes, des jeux…on s’amuse dans cette famille !

Dès 1865, une tumeur au sein qui dégénèrera en cancer fait beaucoup souffrir Zélie. Là encore elle s’en remet à Dieu. Elle meurt à 46 ans après 19 ans de vie conjugale. S’ouvre alors pour Louis le temps du veuvage qu’il décide de vivre à Lisieux près de sa belle-famille. C’est un père attentif à chacune de ses  filles, prêt à consentir à leur projet de vie religieuse. Après l’entrée de Thérèse au carmel, commence pour lui en 1888 l’épreuve d’une maladie qui le conduit à être interné. Pendant les périodes de rémissions, on le voit s’occuper des malades qui l’entourent. Paralysé, il meurt à 71 ans, 17 ans après Zélie.

Saints Louis et Zélie Martin ont vécu disponibilité et consentement en mettant Dieu à la première place, et puisant en lui la force de vivre avec confiance l’Evangile dans les joies et les épreuves de la vie quotidienne. C’est ainsi qu’ils ont fait de leur vieordinaire quelque chose d’extraordinaire. Ils forment le premier couple canonisé de l’Église.

En marche aujourd’hui

« La joie de l’Amour qui est vécue dans les familles est aussi la joie de l’Église. » C’est par ces mots que le pape François ouvre l’Exhortation Apostolique publiée au terme du récent synode sur la famille : des mots qui disent le sens de la canonisation des époux Martin, ainsi que le désir de l’Église de renouveler son engagement au service des familles et de leur joie.

  • Et moi, quelle est mon expérience concrète de cette « joie de l’Amour » vécue dans ma propre vie de famille ?
  • Maladie, conflits, chômage, éloignement…. les occasions de dépouillement ne manquent pas non plus dans la vie de famille : quelles sont celles que j’ai vécues ? Quels fruits ont-elles portés pour moi ?
  • Quels sentiments suscitent en moi la perspective des fêtes de Noël : joie, impatience, émotion ou bien crainte, appréhension… ? Quel geste puis-je faire, quelle décision puis-je prendre, pour donner à ce Noël 2016 une saveur de « joie de l’Amour » vécue en famille ?

marieAvec Marie…

Protectrice des familles, tu es la mère de Jésus, l’épouse de Joseph: avec eux tu as connu la joie de l’Amour au sein de la Sainte Famille, jusque dans le dépouillement du recouvrement de ton fils au Temple. Obtiens-nous la grâce, à l’approche de Noël, d’avoir un cœur doux et humble pour que nous fassions de nos familles des communautés intimes de vie et d’amour où brille la lumière du Dieu d’Amour.

Je vous salue Marie…

Nous vous proposons de préparer Noël en nous mettant à l’école des 4 derniers saints français canonisés.

« Jésus de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il se dépouilla lui-même, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. » (Ph 2,6)

Le dépouillement pour le service des plus pauvres

Avec sainte Émilie de Villeneuve (1811-1854) canonisée le 17 mai 2015

Noël est le mystère du dépouillement infini de Dieu : c’est le chemin qu’il emprunte pour nous rejoindre ; c’est la seule attitude possible, de notre part, pour l’accueillir. Cette année, à l’école des 4 saints français les plus récemment canonisés, préparons le chemin du Seigneur en contemplant ce mystère d’un Dieu qui épouse la pauvreté, et en travaillant notre propre vie pour nous dépouiller de nous-même et faire ainsi place à Dieu qui vient.

 

Diaporama à l’usage des enfants

Parole de Dieu (Mt 24, 37-44)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme. En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme. Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

Paroles de vie de sainte Émilie de Villeneuve

– « Je sens que le Seigneur me demande de grands sacrifices. Je comprends que je ne dois pas rester ici, le bonheur duquel j’ai joui  sans mesure me retient très éloignée de ce Dieu qui a voulu naître dans une étable, a travaillé, souffert et est mort pour nous. »

– « Que nous serons heureuses quand Dieu Seul régnera dans notre cœur, notre esprit, notre volonté; c’est là tout mon désir. »

Chemin d’Avent 

Le Christ est déjà venu et il est encore à venir, mais c’est bien aujourd’hui qu’il vient faire toute chose nouvelle, que chacun peut ouvrir son cœur à cette venue du Sauveur, consentir à ce qu’il le transforme. Nous ne devons jamais oublier que toute notre vie est une marche vers le Christ qui vient et qu’il faut nous préparer à cette rencontre en comprenant que nous ne sommes pas le centre de notre vie. Cela implique d’entrer dans cet état de vigilance, cette attitude de dépouillement dans l’éveil du cœur et de l’esprit qui permet peu à peu, quelles que soient les circonstances, d’être empli de foi en la présence du Christ, d’espérance en sa venue et d’amour pour lui.

La vie de Sainte Émilie de Villeneuve illustre cette vigilance qu’elle a vécue dans un chemin de dépouillement au service des plus pauvres. Née à Toulouse en 1811, Emilie passe les premières années de sa vie au château d’Hauterive, près de Castres. Pendant son adolescence, elle a la douleur de voir mourir sa mère et sa sœur. Elle prend l’habitude de se  confier à la Vierge dans la prière.

C’est en sortant du château familial qu’elle découvre les conséquences de ces premiers temps de la révolution industrielle. Elle, qui vit dans le bien-être matériel, voit le pauvre, le malade, le prisonnier, la prostituée ; elle entend leur cri. Elle comprend. «J’écoutais le cri des pauvres et j’entendais le cri de Dieu». Cette expérience radicale la transforme, donner des aumônes ne suffit pas, elle sait qu’elle doit faire de grands sacrifices, se dépouiller dirions-nous aujourd’hui. Servir les pauvres c’est servir Dieu lui-même. Elle souhaite leur faire découvrir, par son amour, que Dieu aussi les aime. Elle décide alors de rentrer chez les Filles de la Charité, mais l’opposition de son père lui fait retarder son projet.

Elle voudrait n’être qu’une humble servante, inconnue, entièrement remise entre les mains du Seigneur. Mais les conseils d’amis qui l’accompagnent l’aident alors à discerner qu’elle est appelée à servir de manière plus concrète, qu’ainsi elle comblera son vrai désir : suivre la volonté de Dieu pour elle. C’est ainsi qu’en 1836, Émilie fonde, avec deux compagnes, la Congrégation de Notre Dame de l’Immaculée Conception, connue sous le vocable les «sœurs bleues», en raison de la couleur de leur habit. Elle choisit comme devise : « Dieu Seul ».

Sa compréhension de son chemin de dépouillement a évolué au cours des années avec le passage de « Je veux servir Dieu » dans le service des pauvres à « Allez là où la voix du pauvre vous appelle ». À Castres, elle sert les plus démunis : jeunes ouvrières, malades, prostituées, et les prisonniers. La congrégation grandit et son rayonnement s’étend à l’Afrique. En 1853, Sœur Émilie démissionne de sa charge de Supérieure Générale. Elle meurt du choléra le 2 octobre 1854, entourée de ses sœurs. L’expansion de la Congrégation se poursuivra après sa mort. En Europe, en Amérique latine, en Asie, les sœurs bleues se veulent présentes « dans toutes les situations où la vie est menacée« . Dernière installation en date : les Philippines en 1998.

En marche  aujourd’hui 

La réalité de la très grande pauvreté nous saute aux yeux en ce début de XXIe siècle  avec autant d’évidence qu’il y a 200 ans pour sainte Émilie : elle est là sur les trottoirs de Paris, autant que sur nos écrans. Le Pape François nous le rappelle sans cesse. En juillet 2016, devant une délégation de ATD Quart Monde, il a encouragé les chrétiens non seulement à aller à la rencontre des plus pauvres, y compris celui qui a honte et se cache, mais aussi à comprendre leur souffrance, entrer dans leur désespoir. Comme Sainte Emilie sortant de son château familial, nous sommes appelés à être une Eglise en sortie, une Église qui va vers les plus loin: les personnes très pauvres, qui n’ont pas leur place dans la société, qu’on ne veut pas voir.

 

Au moment de nous mettre en route vers Noël, nous pouvons nous demander :

  • Quels moyens je prends pour « sortir de mon château » et ouvrir les yeux sur les pauvretés qui m’entourent : moyens d’information, moyens d’écoute, rencontres…. ?
  • Quelles sont les œuvres, ou les personnes, engagées au service des plus pauvres que j’ai l’habitude d’aider ? Comment ai-je choisi ?
  • Quel geste concret puis-je choisir, seul ou en famille, pour être au cours de cet Avent l’instrument de la tendresse de Dieu pour les plus pauvres ?

 

marieAvec Marie…

Vierge des pauvres, tu as connu la pauvreté de ceux qui sont sans toit lorsque tu as mis au monde ton fils dans une étable, et que tu l’as couché dans la paille : Obtiens-nous la grâce, à l’approche de Noël, d’accueillir avec tendresse et compassion les pauvres que nous croisons, de découvrir en chacun d’eux le visage de ton fils, le Christ.

Je vous salue Marie…

 

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