Solidarité avec les roms de Montigny : que puis-je faire ?

En relation depuis quelques mois avec des familles roms installées sur Montigny, Marie-Odile Bernard nous révèle brièvement leur situation actuelle et nous donne quelques pistes pour leur venir en aide :

 

Roms

1°) Situation actuelle

  • Les familles expulsées en novembre du petit camp près des pompiers ont été en partie « mise à l’abri » en hôtel. Nous suivons plus particulièrement les deux jeunes familles avec deux enfants en maternelle et primaire sur Montigny. Elles sont logées à l’hôtel formule 1 de Trappes, pour être proches des écoles ( Daudet et du Village ). La scolarité se passe bien, grâce aux instit formidables et à l’aide aux devoirs que nous apportons deux fois par semaine aux enfants. Patience… mais ils progressent. Nous essayons d’assurer quelques loisirs et occupations les mercredi et vacances scolaires. Ils sont suivis par les services de l’Etat pour un accès au logement social, car les parents travaillent un peu, après un stage d’alphabétisation. Disons qu’ils sont en voie d’insertion, mais il leur faut du soutien, je vous dirai comment ci-dessous.

 

  • Depuis mi décembre , nous essayons de suivre les familles de l’autre campement, moins visible, plus ancien et plus grand que le précédent. Là, contrairement aux autres évoqués ci-dessus, tous font la manche ( principalement hors Montigny) l’insertion est encore loin ; ils sont nombreux, en cabanes ( environ 10 ) Ils sont situés entre la voie ferrée et la piste cyclable qui longe la D10, à peu près à hauteur du château d’eau. C’est là que vit la petite Jessica, âgée de 7 mois, qui a été baptisée en novembre dans l’église St Pierre du lac ; ce fut ma porte d’entrée au camp, elle vit dans une petite caravane, contrairement aux autres, et ces « autres » sont sa famille au sens large.

 

J’y ai découvert des enfants, non scolarisés, non suivis médicalement, dont un bébé de 6 semaines à l’époque. Le suivi médical , via la PMI est en cours, nous venons de scolariser sur la maternelle Charles Peguy un petit de 3 ans, grand frère du bébé. Leurs parents ont 18 et 21 ans ! Nous n’avons pas les moyens en bénévolat de suivre tous ces gens ; nous allons au plus pressé, et aussi vers ceux qui sont le plus « insérables « , parlant français, ayant une réelle envie de travailler, scolariser leurs enfants et désirant s’installer en France. Tout est à suivre : santé, scolarisation, démarches administratives complexes… Il y a des personnes de tout âge, dont plusieurs âgées, des ados, jeunes adultes ; je ne les connais pas encore tous, car ils vont et viennent.

 

  • Nous savons qu’il y a un autre campement près du vélodrome, dans l’ex camping, la petite Jessica y était avant, mais c’était « trop bruyant » dixit la maman. Nous n’y sommes pas encore allés.

 

Pour ce suivi, je bénéficie bien sûr de l’aide du secours catholique, de la PMI, de la croix rouge… et de quelques bénévoles qui m’ont rejointe ; nous avons créé au printemps un collectif roms St Quentin, rattaché à celui des Yvelines, qui suit le camp de Triel ( 250 personnes !). Nous sommes ainsi en relation avec les services de l’Etat ( préfecture et le 115 ) et essayons de dialoguer, gérer un éventuel avenir pour qq uns d’entre eux :ceux que nous suivons et essayons de mener vers l’insertion ; elle passe principalement par le travail des adultes, la scolarisation des enfants et  la maitrise du français.

2°) Que puis-je faire ?

Pour ces trois pistes là, je vous sollicite, vous ou votre entourage ( vous connaissez la petite goutte d’eau du colibri ) Comment, moi, je peux les aider ?

Sans donner d’argent  ( car nous n’en donnons pas ) ou alors donnez , vous , aux associations caritatives  ou rejoignez leurs équipes :

  • Je peux donner une heure ou deux, le soir, pour aider deux enfants du CP, et une de CM1, à faire leurs devoirs. Nous les voyons dans une salle les mardi et jeudi de 16h30 à 18 h ( mais il faut aller les chercher à l’école et les reconduire chez eux ). Je peux aider le week end aussi, pourquoi pas, ou le vendredi  …
  • Je peux seul ( e) ou avec mes enfants, emmener les enfants roms faire une sortie, un jeu, une visite, aller à la médiathèque, jouer sur l’ordinateur qu’ils ne maitrisent pas bien ,  surtout les mercredi et vacances
  • Je peux aider les jeunes mamans ( 18, 22 et 27 ans )  à parler et lire le français, car elles se débrouillent mais pas assez bien pour chercher seules du travail. Ceci en les voyant hors temps scolaire et en reprenant ce qu’elles ont vu en stage d’alphabétisation ( des pages et des pages non assimilées )
  • Je peux aussi les aider à trouver du travail ( je pense aux mamans et aux papas) , dans les secteurs du bâtiment ou les travaux espaces verts ou le ménage pour les mamans. Vous pouvez ainsi tendre l’oreille pour savoir si une personne autour de vous cherche du personnel , surveiller pour eux les petites annonces ou vous-même les employer ponctuellement pour des petits travaux chez vous, en les payant via les chèques emplois services. Ils ont besoin de soutien, de coaching pour avancer

 

C’est la meilleure chose que l’on puisse faire pour eux : trouver du travail, je pense surtout aux trois jeunes couples que je suis plus particulièrement, avec les enfants scolarisés, qui n’auront un vrai logement social que s’ils travaillent . Ces jeunes gens, je les connais personnellement, ils sont polis, agréables, volontaires, comme leurs enfants, attachants. Et si nous sommes avec eux, les soutenons, les services de l’Etat les mettront à l’abri en cas d’ expulsion (très probable bien sur).

Nous ne pourrons pas tous les « sauver », mais pas à pas, ils s’en sortiront peut être.

Je ne vous donne pas leurs coordonnées, mais vous pouvez aller leur rendre visite, ou leur proposer vos services via mon intermédiaire.

Ce sont nos frères en Eglise, ils sont orthodoxes principalement ; ils n’ont aucun moyen de subsistance dans leur pays, la Roumanie, qui discriminent les roms  (population anciennement esclave, qui arrivait malgré tout à vivre sous l’ancien régime soviétique mais plus maintenant ). Ils sont citoyens européens, ont le droit de travailler chez nous mais arrivent ici sans bagage, sans diplôme, plein d’espoir pour eux et leurs enfants. Non, ce ne sont pas des gens du voyage qui ont droit à des aires de stationnement ; ce sont des migrants économiques, mais  pas des réfugiés demandeurs d’asile. Non, ce ne sont pas des « voleurs de poules »,  mais oui, ils font la manche pour manger car plus personne ne veut les domicilier pour avoir droit à des aides sociales, accès à l’école. Ils ont envie de travailler, d’avoir un vrai toit et pas des cabanes. Malgré tout cela ils sont accueillants, ont le sens de l’entraide, de la joie de vivre et le sens de la famille. Alors, pouvons nous y être indifférents ?

Contact : Marie odile BERNARD  06.51.75.36.10
Jlmo.bernard@free.fr

 

 

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