Deuxième dimanche de l’Avent

Fais-nous voir Seigneur ta Miséricorde !

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Tu as aimé Seigneur ta terre, tu as fait revenir les déportés de Jacob ;

Tu as ôté le péché de ton peuple, tu as couvert toute sa faute ;

Tu as mis fin à toutes tes colères, tu es revenu de ta grande fureur.

Fais-nous revenir, Dieu, notre salut, oublie ton ressentiment contre nous.

Seras-tu toujours irrité contre nous, maintiendras-tu ta colère d’âge en âge ?

N’est-ce pas toi qui reviendras nous faire vivre et qui seras la joie de ton peuple?

Fais-nous voir Seigneur ta Miséricorde, et donne-nous ton salut.

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ?

Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles ;

Qu’ils ne reviennent jamais à leur folie !

Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre.

Miséricorde et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ;

La vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit.

La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin.

 

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Revenir : retour de Dieu vers son Peuple, retour du Peuple vers son Dieu; retour déjà accompli aujourd’hui, retour encore attendu : Noël est une présence, cœur à cœur, et la promesse de retrouvailles encore à venir. Et nous ? Pour nous préparer à la rencontre « que devons-nous faire» ?

«Convertissez-vous !» nous répond Pierre comme à la foule rassemblée pour la Pentecôte (cf Ac 2,37).

J’écoute :Comme le jeune Samuel, tout au long de l’Avent, j’écoute : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute » (1S3,10). Que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la Paix : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qui l’aiment » chanteront les anges dans la nuit de Noël (Lc2,14)

Comme les bergers veillant dans la nuit, j’écoute, prêt à accueillir la Parole qui, plus que des simples mots, est l’événement qui change le monde : « Allons jusqu’à Bethléem, et voyons cette parole qui a été faite ! » (Lc2,15). La parole qu’ils verront, c’est un enfant couché dans une crèche.

Miséricorde, vérité, justice et paix : l’enfant de Bethléem est tout cela en même temps. Souvent dans sa vie publique, on lui demandera de choisir : manquer à la justice en pardonnant le coupable, ou trahir la miséricorde en le condamnant ? Mais il est la vérité et la paix, qui fait miséricorde lorsqu’il fait justice : « Va, et ne pèche plus ! » (Jn 8,11)

Terre : Ta terre est notre terre : terre modelée de ta main pour nous la confier, terre perdue par nos comportements pécheurs, terre promise aux doux (cf Mt 5,5). Et si l’Avent était particulièrement cette année l’occasion de faire le point sur ma façon de prendre soin de la terre, de « marcher en présence du Seigneur sur la terre des vivants » (Ps 115) ?

Tu as aimé Seigneur cette terre : terre bénie entre toutes les terres, terre comblée de grâce. Des entrailles de cette terre va germer un fruit béni : Loué sois-tu Seigneur pour la Vierge Marie, terre choisie pour y faire germer le nouvel Adam.

La Bible toute entière annonce le visage « patient et miséricordieux » de celui qui va naître à Bethléem, et notamment les psaumes, qui ont chanté sur tous les tons la bonté de Dieu à l’œuvre dans l’Histoire.

Le psautier, c’est le « carnet de chants » de la Bible. En 150 psaumes, il parcourt toute la gamme des sentiments du cœur de l’Homme, du désespoir le plus absolu jusqu’à la joie la plus exubérante, et de la colère la plus noire jusqu’à la plus parfaite paix. Le psautier nous offre ainsi des mots pour porter tous nos sentiments devant Dieu, sans rien laisser dans l’ombre.

Prier les psaumes, c’est prier mot à mot, cœur à cœur, avec l’immense cohorte des croyants, juifs ou chrétiens, qui depuis près de 3000 ans prient avec ces mêmes mots. Dans cette foule il y a Marie ; dans cette foule, il y a Jésus lui-même qui a mis le cœur de son dialogue avec son Père dans les mots des psaumes.

Ces mots-là sonnent juste, même lorsque les sentiments qu’ils expriment ne sont pas ceux de mon cœur, car alors je prie pour d’autres, qui peuvent avoir ces sentiments-là sans avoir les mots pour le dire ;

Ces mots-là sonnent juste, surtout, car ils viennent de Dieu lui-même : dans le psautier, inspiré de l’Esprit Saint comme tout le reste de la Bible, Dieu nous donne ses propres mots pour nous adresser à lui ; il nous apprend à parler sa langue.

Tout au long de l’Avent, laissons rouler les mots des psaumes dans notre bouche, dans notre cœur, comme autant de petits cailloux : ceux du chemin qui nous conduira jusqu’à la crèche de Bethléem.

Bruno VALENTIN

 

 

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