Notre Dame en sa Nativité

Les origines de la ville

Voisins- …
Dès 768, on trouve mentionné le nom de  «Ansberto Vicinio»  dans le «Précepte du Roi Pépin», par lequel la forêt d’Yvelines est concédée au Monastère de Saint Denis et il semble bien qu’il s’agisse de la commune actuelle de Voisins-le-Bretonneux.

Un acte fait référence à Milon et Guillaume de Voisins vivant en 1202, seigneurs de ce lieu, sous la présentation latine «de Vicinis» …

Dans le Pouillé de 1352 nous trouvons la désignation de la Cure de Voisins («Curatus de Vicinis»).

… le-Bretonneux :
Ce suffixe ne figurant pas sur les cartes géographiques anciennes peut indiquer que Voisins (tout comme la ville voisine de Montigny) appartenait à des Seigneurs Bretons, ou du nom de Bretonneux, ou était  terre émergeant du marécage…

Village traditionnel, Voisins avait une population de 130 habitants en 1756.
En 1979, à la veille de la naissance de la Ville Nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines elle atteignit 394 habitants. Devenue commune dynamique au sein de cette ville nouvelle, ses habitants se dénombrent en l’année 2000 à environ 13.000, vivant sur une superficie de 361 hectares qui est sise à une altitude de 165 mètres.

Un peu d’histoire de l’église de Voisins-le-Bretonneux.

L’église a vraisemblablement été achevée dans le courant du XVIème siècle, mais il est probable qu’un autre bâtiment existait auparavant, car la cure est citée au diocèse de Paris au XIV siècle.
Au cours des travaux de rénovation de l’intérieur en 1976 – auxquels ont participé nombre de paroissiens – on a remis à jour une amorce de baie cintrée d’un style différent du reste. Mais aucun document n’a été retrouvé qui puisse nous renseigner sur la construction de l’église.

Comme dans tous les vieux villages, le cimetière se trouve autour de l’église et sur la croix qui se trouve en son centre est gravée la date de 1607 (un nouveau cimetière a été ouvert, sur un autre site de la ville, depuis quelques années).

L’église a subi plusieurs réparations et modifications au cours du temps. Outre de grosses et urgentes réparations de 1687, on fit abattre en 1706 un bâtiment qui se trouvait devant la porte et on ouvrit une grande fenêtre au-dessus de cette porte «à cause que l’église était trop sombre». Ces travaux furent exécutés «à la diligence de François Révérend, fermier et receveur pour le Roy, de la terre, château et Seigneurerie de Voisins-le-Bretonneux et marguillier de la paroisse».

En 1710, on construisit une sacristie — à droite de l’autel — ainsi que les deux chapelles latérales «entièrement boisées des bois et débris de l’abbaye de Port Royal des Champs, qui a été rasée de fond en comble par les ordres de Sa Majesté».

En l’An II, l’église est désaffectée et transformée en Temple de la Raison : les meubles et «autres ustensiles» sont vendus.

Le curé, l’Abbé Dieulouard, bien qu’ayant prêté serment, avec réserve, ne suit pas la Révolution dans ses excès ; il est obligé de se cacher dans une ferme de Voisins, déguisé en garçon de cour, puis se réfugier en lieu sûr à Versailles. Il reviendra, en 1795, sur la demande des habitants et restera à Voisins jusqu’en 1802.

Le presbytère, la maison d’école et 24 arpents de terre que possédait la paroisse avaient été vendus comme biens nationaux pour 71.47O francs.

L’Église et sa titulature

En 1759, nous trouvons, pour la première fois, le titre d’église  » Royale et Paroissiale Notre-Dame de Voisins-le-Bretonneux  » qui lui restera jusqu’en 1789 inclus.

L’ordo diocésain n’a commencé à indiquer le patron des églises du diocèse qu’à partir de l’édition 1873 ; depuis cette date l’église de Voisins a été indiquée avec la titulature «Nativité de la Très Sainte Vierge», tandis que le «Pouillé de Versailles» de l’Abbé Gauthier (1876) indique «Sainte Vierge – Nativitas B.M.V»..

Selon E. Videcoq, en 1883, elle a été placée sous le vocable de la  » Sainte Vierge dans sa Nativité « .

Il semble que le vocable «Notre-Dame de Voisins-le-Bretonneux» soit correct, étant bien entendu que la fête paroissiale est celle de la Nativité de Notre Dame, le 8 septembre.

Les cloches et leur clocher

En 1810, une nouvelle cloche remplace celle qui avait été fondue sur la place du village pendant la Révolution. Elle porte les noms d’Anne, Marie, Thérèse, consignés dans le registre des baptêmes, en date du 6 mai 1810.

En 1861, pour une dépense de 3016,62 francs, recueillie en grande partie parmi les paroissiens, mais largement comblée par des subventions, on reconstruisit le clocher qui tombait en ruines.
On en profita pour changer sa forme : il était auparavant couvert en bâtière, on y ajouta une flèche.

En 1944, à la libération, Voisins est le siège de combats meurtriers. Le clocher qui servait d’observatoire est pris sous le feu de l’artillerie et fortement endommagé ; il devra être abattu à l’automne. On le reconstruit après la guerre, mais on remplaça sa flèche par un court toit à quatre pentes.

En 1984, le clocher détruit pendant la seconde guerre mondiale a été relevé.

En 1994, la cloche de l’an 1810 a été remplacée par un carillon de trois cloches, nommées Pierre, François et Marie. La bénédiction des cloches a eu lieu le 20 mars, en présence de Monseigneur Jean-Charles Thomas, Évêque de Versailles, du père Xavier Chojecki, curé de la paroisse, et de monsieur René Vandamme, maire de la commune à cette époque.

Les vitraux du chœur

Ces vitraux de style ogival ont été fabriqués à Versailles dans les ateliers Ripaut et installés en 1951.

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Ils représentent :

au centre, la Vierge portant l’enfant Jésus ;
à droite, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort ;
à gauche, le prophète Isaïe.

Les vitraux de la nef

Les 4 vitraux de la nef ont été inaugurés le 16 mai 2004. Ils ont été financés  en partie par le don anonyme d’un paroissien , en partie par la Municipalité de Voisins le Bretonneux, propriétaire de l’église. Ils ont été réalisés par Clothilde Devillers et leurs thèmes font écho à la dédicace de l’église à la nativité de la Vierge Marie.

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Le 1er vitrail (à gauche, dans la nef) a pour thème l’arbre de Jessé. C’est l’image du monde qui cherche ses racines. La venue du Christ (habillé en rouge) est annoncée. L’artiste a composé le vitrail en fonction de la forme de la fenêtre. Jésus est le début et la fin de toute chose. L’arbre de Jessé donne naissance à une fleur de lys blanche sur fond bleu qui représente Marie.

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Le 2e vitrail (à droite dans la nef) traite des paraboles de la croissance. Jésus enseigne les disciples depuis la barque car la foule se presse pour l’écouter. Dans le bas du vitrail, une scène de semence image la parabole enseignée par Jésus. L’auteur a dessiné des oiseaux libres autour du vitrail pour symboliser les âmes libérées par la parabole dite par Jésus.

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Le 3e vitrail (à gauche, dans le transept) décrit les noces de Cana. Jésus a le sens de la fête et du sens que l’homme lui donne. Les noces de Cana sont le signe de la surabondance de l’amour de Dieu. « Faites ce qu’il vous dira », nous rappelle le phylactère inscrit dans le voile de la mariée. La grande taille de la fenêtre a posé un problème de composition à l’auteur. Mais en relisant les textes, elle a remarqué que l’on parlait de six urnes qui contenaient entre 80 et 120 litres chacune et que cela faisait donc 600 litres de vin. Cela lui a donc donné l’idée de partir de cet élément en bas du vitrail, les urnes remplissent un grand espace. Elles sont remplies d’eau en train de changer de couleur, puisqu’elle se transforme en vin, comme nous le signifient les urnes de couleur orange et rouge. Les mariés sont vus de dos et habillés en costume d’aujourd’hui (voile de la mariée). Tout le monde est tourné vers Jésus.

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Le 4e vitrail (à droite dans le transept) évoque la Pentecôte. Les dons de l’Esprit saint sont représentés par le feu. La présence priante de Marie est rappelée, et la colombe représente la main de Dieu.

Le Christ du choeur

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Admirons ce Christ en noyer sculpté, de l’école rhénane du 15ème siècle, installé en 1981.

 

Une statue de la Vierge

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Dans le transept gauche, une belle statue du XVIIIe, en tilleul, achetée par la paroisse en 1980.

Dans le transept droit, un grand tableau représente Sainte Geneviève.

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Cinq pierres tombales :

Elles ont été conservées dans le sol de l’église, à l’entrée du choeur, à la porte de l’ancienne sacristie (à droite de l’autel) et sous chacune des passages vers les chapelles latérales.

Les inscriptions qu’on y voit permettent de les situer au XVII et XVIIIèmes siècles.

Une autre pierre a été replacée lors des travaux de restauration en 1976 sur le mur de droite de la nef. Elle porte une inscription qui a été martelée pendant la Révolution et qui n’a pas été déchiffrée.

A droite de cette pierre et au dessus des fonds baptismaux, on voit une petite tribune qui communiquait avec ce qui était alors le presbytère. Ce bâtiment existe encore ainsi que la grange de la dîme qui lui faisait suite. Une seule couverture abrite aujourd’hui les deux corps de bâtiment, mais il est probable qu’à l’origine ils étaient séparés : les fondations du mur de l’ancien presbytère sont nettement distinctes de celles de la grange.

A remarquer lors d’une visite

Les clefs de voûte :

sur la première, les armoiries de la famille «Gilbert de Voisins» : d’azur à la croix engreslée, c’est à dire bordée de petites dents à la manière d’une dentelle ;
sur la seconde des marguerites (allusion au prénom de la femme de Gilbert III);
sur la troisième, quatre fleurs de lys, hommage de fidélité au pouvoir royal… nous sommes en plein Grand Siècle…

Ces ornements datent de 1687, date des travaux notés dans les registres de la paroisse.

Les anciens bancs disposés le long des murs, ils sont issus de l’Abbaye de Port Royal des Champs.

L’horloge de l’église
Elle fut installée en 1954 ; elle est de Carpentier Joly-Dechauville.

Documentation Historique.
L’essentiel des renseignements historiques a été extrait du livre d’Eugène Fleuré «Petit Voisins Devenu Grand», disponible à la bibliothèque municipale et à la salle paroissiale où, aux heures de permanence, vous trouverez également quelques documents et photos.