Homélies du Père Guy Lecourt

Père Guy LecourtLe Père Guy Lecourt maintient un blog, sur lequel il publie ses homélies.

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  • HOMELIE 20°Dimanche ordinaire B. "Discours sur le Pain de Vie: suite"Jn 6, 51-58 19.08.2018


    HOMELIE 20°Dimanche ordinaire B. Jn 6, 51-58
    19.08.2018
               
    « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? ».

    S’il faut évidemment écarter toute interprétation fondamentaliste de ces paroles, il est indispensable d’entrer dans l’intelligence de ce que Jésus a voulu nous faire comprendre, tant Il s’implique à fond dans ces mêmes paroles. Jésus ne s’est-Il pas engagé totalement en entrant dans l’histoire des hommes précisément avec une chair ? [Mais le mot “chair” dans la Bible n’est pas réduit à celui des cellules biologiques : il désigne tout l’être humain dans sa condition fragile. Ainsi, Jean écrit : « Le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous » Jn 1,14]. Jésus s’est même donné totalement jusqu’à verserson sang en renonçant à toute forme de violence face aux désirs meurtriers de ses ennemis.
    Oui, Il a bien donné sa chair et son sang, et la réalité de ce don du Fils de Dieu dépasse toutes nos représentations intellectuelles, mais s’accorde à l’intelligence de notre cœur. En nous donnant sa chair et son sang, Il nous donne la totalité de ce qu’Il est. Lorsque nous aimons quelqu’un, notre corps ne participe-t-il pas à l’expression réelle de cet amour, qui que nous soyons : parents, époux, grands parents, parent/enfants et même frères et soeurs ? De plus, le corps a pris une telle place dans notre société, malheureusement pas toujours dans le sens de la dignité humaine, que l’on peut même dire qu’il est devenu l’expression ultime de l’identité matérielle de l’individu : pensons aux empreintes digitales incontournables dans les enquêtes policières ; mais aussi le nouveau passeport biométrique et évidemment, l’ADN !
    Si bien que l’on peut dire que lorsque Jésus, au cours de la Sainte Cène, prononce ses paroles sur le Pain, Il dit à ses disciples : « Prenez et mangez, Ceci est mon Corps » Cela revient à dire : « Prenez et mangez : Ceci, c’est Moi, Dieu ! » - De même, pour le vin : « Prenez et buvez, Ceci est mon sang » Cela revient à dire : « Prenez et buvez : c’est Moi VIVANT !»   
             Autre détail que révèle le texte original. « Qui mange… » Jésus le répète plusieurs fois dans le texte de l’évangile de ce jour. Au début, trois fois, Il utilise le mot : “Fagueïn”que l’on retrouve, en français, dans les mots : “aérophagie”, “œsophage”, “anthropophage”. Il signifie : manger, simplement, nous alimenter. Puis Il utilise quatre fois le mot “trogôn” qui signifie : mastiquer,  comme pour mieux assimiler la nourriture que nous prenons. C’est d’ailleurs ce qui était recommandé aux juifs dans le “Seder”, rituel de la nuit de la Pâque où l’on consommait l’Agneau Pascal, pour bien s’imprégner de la mémoire de la libération de l’esclavage d’Egypte par le Seigneur.

             Autrement dit, Jésus nous invite non plus seulement à venir à Dieu, mais à accepter que Dieu, en sa personne, vienne à nous ; à accueillir le don total de Lui-même ! Ce qui veut dire que nous l’invitions tout entier dans notre vie, nous nous imprégnons de Sa Vie. Cela entraîne que nous tenions la porte de notre cœur et de nos pensées grande ouverte ; ouverte à Lui et ouverte à tous ceux qu’Il nous envoie. Et tout cela, pour que nous ayons la Vie (Zoé,la vie, principe d’animation, et non Bios, la vie physique) : neuf fois nommée dans le passage d’aujourd’hui !

             Ecoutons St Paul : « Ne soyons pas insensés, mais comprenons bien quelle est la volonté du Seigneur… » Evitons la folie du monde et répondons à l’invitation de la Sagesse. « Qui est simple ? Qu’il passe par ici ! » « A l’homme insensé elle dit : "Venez, mangez de mon pain, buvez le vin que j’ai préparé. Quittez votre folie et vous vivrez, prenez le chemin de l’intelligence » La véritable intelligence n’est-elle pas de manger le pain qui est la vraie nourriture et qui donne la vie éternelle ?

              « Il est le grand Mystère de la foi ! » Oui, il est grand et nous n’avons pas fini de le contempler. Rendons grâce à Dieu.

    AMEN !
  • HOMELIE de l’ASSOMPTION. B. "La Visitation." Luc 1, 39 - 56 15 Août 2018



    HOMELIE de l’ASSOMPTION. B. Luc 1, 39 - 56
    15 Août 2018

    La Visitation.

    Cette scène de la Visitation, pleine de grâce, à y regarder de près, a quelque chose d’étonnant, de merveilleux mais peut-être aussi de déconcertant. Deux femmes qui portent chacune la vie d’un enfant, l’une, malgré sa stérilité, l’autre malgré sa virginité, ont défié, par leur accueil du dessein de Dieu, les impossibilités humaines. En effet, là où on ne l’attendait pas, Dieu fait jaillir la vie, et quelle vie ! Celle de Jean-Baptiste, le plus grand des prophètes de la première Alliance et celle de Jésus, le Fils de Dieu. Ce sont deux humbles femmes, l’une toute jeune, l’autre plus âgée, qui bénéficient de cette action divine et se réjouissent ensemble.
             Ne nous étonnons pas que l’Assomption de Marie prolonge et épanouisse cette “ligne de vie” tracée par Dieu Lui-même.
    Quelques « enlèvements au ciel » ont déjà été mentionnés dans la Première Alliance (que nous appelons l’Ancien Testament). En Gn 5,24 : « Hénok marcha avec Dieu, puis il disparut, car Dieu l’enleva » et dans Si 44,16 (Ecclésiastique) : « Hénok plut au Seigneur et fut enlevé, exemple pour la conversion des générations » et en Si 49,14.  Hénok est devenu l’une des grandes figures de la tradition juive. Mais il est également cité dans la Nouvelle Alliance en He 11,5 « Par la foi, Hénok fut enlevé, en sorte qu’il ne vit pas la mort, et on ne le trouva plus, parce que Dieu l’avait enlevé. Avant son enlèvement, en effet, il lui est rendu témoignage qu’il avait plu à Dieu ».
    Le plus célèbre de ces enlèvements fut certainement celui d’Elie, enlevé au ciel sur un char de feu : 2 R 2,11.
    Il en est peut-être encore ainsi de Moïse, mort au Mt Nébo, face à la Terre Sainte, dont on n’a jamais retrouvé le tombeau (Dt 34,6) ce qui est, pour le peuple de la Première Alliance le signe que Dieu l’a accueilli.
    Enfin, pour Marie, une tradition de Jérusalem, antérieure au IVème siècle, le “Transitus Virginis” ou “Dormitio Mariae”,  présente les derniers instants de la vie terrestre de Marie. « Il se préoccupe de faire pressentir au lecteur que dans le cas de Marie le corps ne subit pas les effets de la mort dans le tombeau mais il fut porté au ciel » (http://www.mariedenazareth.com ).  La mort ne peut retenir celle qui a accueilli et chanté la Vie. Loin d’isoler Marie de notre condition humaine en en faisant un être à part, mi-femme, mi-déesse, l’Assomption est à comprendre comme une grâceaccordée par le lien de Marie avec Son Fils et par son lien avec le peuple de Dieu. C’est bien parce que Jésus a été ressuscité par le Père que Marie peut, elle aussi, bénéficier de cette Vie non atteinte par la mort. La première disciple de son Fils, première croyante dans le peuple de Dieu, ne fait qu’anticiper le salut promis à tous les chrétiens. Et ce n’est sans doute pas un hasard si ce dogme fut proclamé en la fête de tous les saints, le 1er Novembre 1950 par Pie XII.

             Il y a en chacun de nous quelque chose qui ne peut pas mourir. En Marie, c’est son adhésion permanente aux desseins de Dieu qui permet l’essentiel. Elle est la servante du Seigneur, la servante de la Vie, tellement accordée à Dieu qu’Il la reçoit dans ses bras.
             Cet avenir, nous le préparons pour nous lorsque nous choisissons d’être ajusté au dessein de Dieu et que nous choisissons de donner notre vie pour les autres. Accueillons la vie : alors nous franchirons à la suite du Christ, après Marie, le mur de la mort.
             C’est un modèle aussi pour l’Eglise qui, elle aussi, doit se hâter vers la vie, rejoindre les hommes dans leur désir de vivre et leur dire qu’ils ne seront pas déçus en plaçant leur confiance en Celui qui dit : « Je suis la Vie ». Il les conduira là où déjà se trouve Marie.
             Avec elle, réjouissons-nous et louons ensemble le Seigneur pour son merveilleux dessein !         Oui, magnifique est le Seigneur !                                   
    AMEN !
  • HOMELIE 19°Dimanche ordinaire B. "L’épreuve d’Elie" 1 R 19,4-8 -Jn 6, 41-51 - 12 Août 2018


    HOMELIE 19°Dimanche ordinaire B.
     1 R 19,4-8 -Jn 6, 41-51   -   12 Août 2018
               
    L’épreuve d’Elie

    Que soupire Elie dans la première Lecture de ce Dimanche ? « Seigneur, c’en est trop ! Prends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes pères ! » Autrement dit : Seigneur, la coupe est pleine : ras le bol ! Je jette l’éponge : à Toi de jouer ! 
    J’exagère sans doute un peu, mais ne vous-est-il pas arrivé, tout récemment de rencontrer des personnes écrasées par des épreuves désespérantes ? De façon plus lointaine, pensons aujourd’hui aux victimes de tous les conflits, oppressions ou calamités naturelles rendues si proches par les médias ainsi, bien sûr, qu’aux milliers de migrants tentant de gagner l’Europe et échouant épuisés à ses frontières …

             Elie, comme Jérémie, comme Jésus, fait partie de cette humanité épuisée : il ne s’en prend pas à Dieu, mais souhaite que Dieu reprenne sa vie tant il souffre.
    Dans sa déprime, il s’endort : geste symbolique qui rappelle la mort ; [èkoïmètè= se coucha koïmètèrion = dortoir -> cimetière]. Mais un envoyé de Dieu, l’ange, le réveille et lui dit : « Lève-toi… »[anastèti ! mot qui exprime la résurrection : anastasis]. Dieu ne l’abandonne pas : Il est un Dieu de Vie. Elie n’obtempère pas  de suite : il se rendort, mais Dieu ne se décourage pas : Il est là, à ses côtés ; Il tient à la vie de son prophète et Il va Lui donner une nourriture qui rappelle celle de l’Exode au désert : la manne et l’eau du rocher. Elle le conduira, au bout de quarante jours et quarante nuits, à la montagne de Dieu, l’Horeb (qui est aussi le Sinaï) pour le rencontrer.
            
             Jésus, dans son discours aux gens qui l’avaient suivi après la multiplication des pains, va proposer également une nourriture qui conduit à la rencontre avec Dieu. Cette nourriture, c’est Lui-même, Parole de Dieu par excellence et Pain de la vie.
    Jésus dit : « Tout homme qui écoute les enseignements du Père vient à moi… » et « …celui qui croit en moi a la vie éternelle ». Vous avez entendu : « …a la vie éternelle ».Ce n’est pas au futur : c’est au présent.
    Quelle est donc cette vie éternelle ? Elle n’est pas une réalité virtuelle ou seulement future, mais un don accordé dès maintenant à celui qui met toute sa confiance en Jésus. Ce langage peut sembler irréel, faisant fi de la mort, qui est une dure réalité. Il n’est cependant pas un opium qui anesthésie la souffrance. Loin d’empêcher de regarder la réalité en face, il ouvre au contraire les yeux sur une réalité plus haute. Mais celle-ci est si haute que nos yeux ont de la peine à la contempler. Jésus nous invite à regarder le Père avec ses yeux de Fils. Cette contemplation nous fait découvrir la grandeur de l’humanité. Loin de nous couper des réalités du monde, ce regard invite à regarder le monde avec le regard de Dieu. N’est-ce pas ce que nous propose St Paul dans la lecture de ce Dimanche : « Vous avez reçu la marque de l’Esprit-Saint de Dieu : ne le contristez pas. Faites disparaître de votre vie tout ce qui est amertume (ressentiment contre ce qui ne nous plaît pas), emportement (quand quelque chose ou quelqu’un nous résiste ou n’exauce pas notre désir), colère (dans les contrariétés), éclats de voix ou insultes (qui peuvent profondément blesser), ainsi que toute espèce de méchanceté. Par contre, Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns les autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ » (Ep 4, 30-32).

    La vie éternelle est un don : certes, nous avons à travailler et faire effort pour accueillir cette vie selon l’Esprit, car Dieu ne fait jamais rien sans nous. Mais elle est un don : loin de nous laisser couchés, sans vie, elle nous ressuscite ! Alors avec grande confiance, nous avons à la Lui demander, et sur notre chemin vers l’Horeb, en nous nourrissant aux deux Tables, celle de la Parole et celle du Pain de la Vie, nous l’accueillerons et nous vivrons dans la grâce de Son Esprit-Saint, évitant de le contrister !
    Que le Seigneur nous fasse prendre conscience que la vie éternelle est déjà là.          AMEN !
  • HOMELIE 18° Dimanche Ordinaire. B – "Discours sur ke Pain de Vie" Jn 6,24-35 - 5 Août 2018


    HOMELIE 18èmeDimanche Ordinaire. B – Jn 6,24-35
    5 Août 2018

    Après le récit selon St Jean de la multiplication des pains que nous avons entendue dimanche dernier, la foule se met à rechercher Jésus, qui est passé sur l’autre rive, à Capharnaüm, avec une immense attente : elle devait avoir très faim !
    Jésus ne les réprimande pas mais va leur proposer de chercher une autre nourriture « qui ne se perd pas ». Il leur rappelle ce qui est dit dans les Ecritures.
    En effet, la Parole de Dieuest souvent comparée à de la nourriture : « Voici venir des jours, déclare le Seigneur Dieu, où j’enverrai la famine sur la terre ; ce ne sera pas une faim de pain ni une soif d’eau, mais la faim et la soif d’entendre les paroles du Seigneur » (Amos 8,11.)
    On trouve également dans les Écritures la Sagesse personnifiée qui dit : « Venez mangez mon pain, et boire le vin que j’ai apprêté ! Quittez votre folie et vous vivrez, suivez le chemin de l’intelligence »Proverbes 9, 5-6.
    A l’époque de Jésus, la manne était considérée comme le symbole de la Parole de Dieu, nourriture envoyée du ciel pour guider et fortifier le peuple de Dieu. Ses interlocuteurs le Lui rappelle à leur tour, mais alors Jésus va les élever à une interprétation beaucoup moins matérielle : « Ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde » Jn 6,33
    Il nous est facile à nous de comprendre que Jésus, la Parole même de Dieu, le Verbe, se donnera à manger lorsqu’il instituera l’Eucharistie ? Il surprendra encore davantage ses disciples à la Sainte Cène en prenant du pain et en disant : « Prenez et mangez : ceci est mon Corps » ce pain, c’est moi !

    Dans le même temps où Jésus institue l’Eucharistie, Il montre que cette nourriture est indissociablement liée au service. Il lave les pieds de ses disciples et les invite à faire de même. Ce service qu’il invite à rendre est l’expression de l’amour vrai qui est fait de don, d’accueil, d’échanges, de tout un courant de vie qui rend pleinement heureux et fait des heureux. Il remplit tous les champs de nos existences : travail, repos, loisirs, santé, créativité, sports,  bref toutes les dimensions de nos vies. Ce ne sont pas seulement des « activités » mais des comportements qui nous font être et vivre…
    De quel pain mangeons-nous en venant communier ? Si nous mangeons de ce pain-là, venu du ciel, don de Dieu, c’est Jésus Lui-même que nous accueillons et qui s’unit à nous : alors, nous n’aurons plus jamais faim. Plus encore, nous serons nous-mêmes avec Lui nourriture pour les autres, car nous leur apporterons la Vie que nous aurons nous-même reçue de Dieu.
    Une seule condition : Croire en Lui, c'est-à-dire l’écouter et faire comme Il a fait. Voilà l’œuvre de Dieu !


    AMEN !


  • HOMELIE 17° Ordinaire B. "Multiplication des pains Jn 6, 1-15 - 29 Juillet 2018.


    HOMELIE 17° Ordinaire B. Jn  6, 1-15
    29 Juillet 2018.
    Chères sœurs et frères, la liturgie de cette année B ouvre une parenthèse sur la lecture de l’Évangile de St Marc, lu tout au long de l’année, pour nous présenter l’enseignement de Jésus sur le "Pain de Vie" que nous entendrons en plusieurs séquences dimanche après dimanche tout au long de ce mois d’Août.
    Aujourd’hui, nous entendons le récit de la multiplication des pains dans la version de l’Évangile de St Jean. Nous le connaissons bien et il se termine par la réaction des témoins qui ont été nourris par Jésus. A la vue de ce prodige, les gens disaient à son sujet : « C’est vraiment Lui le Grand Prophète, celui qui vient dans le monde » Qui donc était ce Grand Prophète tant attendu par les fils d’Israël ?
    Avant de mourir, Moïse n’avait-il pas annoncé : « Le Seigneur ton Dieu suscitera pour toi, du milieu de toi parmi tes frères, un prophète comme moi que vous écouterez » Dt 18,15. Et voilà que l’histoire se reproduisait :
    - comme dans le désert, une foule affamée que Dieu nourrit de la Manne ;
    - comme du temps d’Élisée, où une grande famine sévissait et où le peuple mangea et il en resta !
    Dieu veille « il donne la nourriture en temps voulu » (Ps 144, de ce jour) et « conduit son peuple sur de verts pâturages » (Ps 22, de dimanche dernier) : n’y avait-il pas beaucoup d’herbe à cet endroit-là ?
             Jésus devine alors qu’ils veulent en faire leur roi : « Il se retira, tout seul [comme Moïse] dans la montagne ».  
    Pourquoi cette fuite ?Parce qu’ils se trompent de prophète et au-delà, ils se trompent de Dieu.
    Combien de gens aujourd’hui disent que cela ne sert à rien, n’ajoute rien, de croire en Dieu, puisqu’Il n’intervient pas, ne se manifeste pas ; qu’Il est même parfois dramatiquement absent !…si tant est qu’Il existe ! Ceux-là en ont fait la cruelle expérience, qui voulaient mettre Dieu de leur côté : « Gott mit uns », sur le ceinturon des soldats allemands. Et par moments, lorsque les épreuves sont dures et successives, on peut les comprendre et surtout, ne pas les juger.
    Mais Dieu ne “sert” à rien !
    En échappant à la foule enthousiaste, Jésus veut l’inviter (et nous inviter) à découvrir qui est Dieu et quel est son prophète. S’effacer après avoir nourri tant de gens, vraiment, que cherche-t-Il ? Certainement pas la gloire ! Il veut les mettre en appétit d’autre chose.
    Vous avez remarqué que le geste qu’Il a fait avant de donner les pains et les poissons rappelle bien sûr celui de la consécration eucharistique : prendre les pains, rendre grâce et leur donner pour qu’ils mangent et en soient rassasiés.
    Manger : “faire corps” avec nous. Voilà un trait de ce Dieu qui veut être si proche de nous, si intime, qu’Il se livre totalement jusqu’à être en nous : un vrai mystère que nous n’avons pas fini de comprendre.
    Mais Paul va plus loin encore. Dans sa lettre aux Ephésiens, que nous avons entendue aujourd’hui,  il donne un éclairage sur ce désir de Jésus. Il n’y a en effet qu’un seul Corps et un seul Esprit. Le grand désir de Dieu ne ce manifeste-t-il pas dans l’appel qu’Il nous adresse en nous rapprochant les uns des autres pour former un seul Corps, même s’il faut, et c’est bien naturel, « nous supporter les uns les autres avec beaucoup d’humilité, de douceur, de patience », j’ajoute d’accueil, de recherche à comprendre ceux qui nous sont différents et surtout, de refus de juger, de poser un verdict sur quelqu’un. Comprenez bien : ce n’est pas seulement une attitude de vie morale, c’est théologal : ça vient de Dieu, c’est répondre à l’appel de Dieu qu’Il nous adresse à garder l’unité dans l’Esprit. Jésus ajoutera plus tard, à la veille de sa mort : « Afin que le monde croit ».Jn 17, 21
    Quelle joie de pouvoir faire comprendre à ceux qui ont faim de toutes sortes de biens, qu’ils peuvent être rassasiés en « faisant corps » avec Celui qui nous donne son Esprit et nous permet de nous aimer en vérité, évitant d’avoir encore et toujours faim de nourritures qui ne rassasient pas.
    Il faut que nous, qui désirons être ses disciples, nous le recherchions, non sans efforts, mais combien comblés lorsque l’unité se réalise dans le respect et l’accueil de chacun.
    Que cette eucharistie nous aide encore à « faire corps » avec le Grand  Prophète, bien plus que prophète, Notre Dieu, qui nous conduit à la vraie vie : écoutons-le !
    AMEN !
  • HOMELIE 13ème Dimanche Ordinaire B. - 01.07.2018 Résurrection de la fille de Jaïre – Guérison d’une femme Mc 5,21-43


    HOMELIE 13ème Dimanche Ordinaire B. - 01.07.2018
    Résurrection de la fille de Jaïre – Guérison d’une femme Mc 5,21-43

    « Eveille-toi ! » « Va ta foi t’a sauvée ! »

    L’Evangile de ce 13ème Dimanche est fait de deux récits  qui ont ceci en commun de nous présenter deux femmes : l’une très jeune (12 ans ! Mais c’est dans la Bible l’âge de la puberté légale et l’âge auquel la jeune fille juive était ordinairement donnée en mariage). L’autre femme, certainement plus âgée, subissant des pertes de sang depuis 12 ans, chiffre qui rejoint la jeune fille et qui est signe de plénitude (12 mois de l’année, mais aussi signe de choix du Seigneur). Ces deux femmes sont privées de la possibilité de donner la vie : la première à cause de sa mort, la seconde en raison de son infirmité qui l’excluait de tout contact avec les hommes, (d’après les préceptes de pureté de la Loi juive) la privant d’une éventuelle maternité.
    La première lecture de ce Dimanche, tirée du livre de la Sagesse, affirme avec force que « Dieu n’a pas fait la mort ; Il ne se réjouit pas de voir mourir des êtres vivants… Sa création est bienfaisante et on n’y trouve pas de poison de mort… Il a créé l’homme pour une existence impérissable ». Quelle magnifique espérance exprimée là, avant même celle de l’Evangile qui éclatera dans la Bonne Nouvelle de la Résurrection du Christ  annonçant la nôtre !
    Jésus va illustrer ces paroles par les deux signes qu’Il va réaliser à Capharnaüm « village du consolateur » [de Kfar=village et Nahoum= consolation, compassion]. De plus, Il se tient au bord de la mer, là où symboliquement demeurent les puissances de la mort. Il va rendre ces deux femmes à la plénitude de la vie, à la possibilité pour elles de la maternité qui donne vie. En les guérissant, Il se révèle comme le Dieu présenté dans le livre de la Sagesse, Celui qui donne vie. « Eveille-toi » en grec : egueirè [egeire], dit-Il à la plus jeune et « elle se lève »  en grec: anestè [anesth]: deux mots qui désignent la résurrection. Enfin, il dit à la femme : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ta souffrance ». Et à l’entourage de la petite : « …Puis Il leur dit de la faire manger », le fait de manger étant l’expression de la vie (comme le Christ ressuscité mangera devant ses disciples étonnés ou sceptiques).
    Jésus est-Il pour nous ce maître de la vie qui répond à nos appels pour que triomphe la vie, comme Jaïre l’a fait pour sa fille ? Nous avons tellement d’occasions pour l’appeler pour nous et pour ceux autour de nous ! 
    Jésus, touché par la foi de cette femme, privée de donner vie qui souhaite qu’elle l’exprime devant tous, en la félicitant : Manifestons-nous la foi en faveur de la vie lorsqu’elle est menacée et soutenons-nous ceux qui se battent pour qu’elle soit respectée de son origine à la fin ?
    Jésus, qui encourage le père de la jeune fille en lui disant « Ne crains pas ! Crois seulement » Risquons-nous une parole, une action qui montre notre confiance en Lui afin de compatir avec ceux qui sont éprouvés ?
    Jésus, qui prend la main de la jeune fille pour l’éveiller et la rendre à la vie : lorsqu’il nous arrive parfois d’être comme mort, frappé par une épreuve, un échec, un deuil… pensons-nous à Lui qui nous prend par la main pour une vie nouvelle à construire !
    Bref, Jésus qui veut la vie pour nous 
    En ces jours d’ordinations presbytérales, remercions le Seigneur pour les appels qu’il a adressés à ces hommes et pour les réponses qu’ils leur ont fait. Nos communautés et notre Eglise a bien raison de faire monter vers le ciel  d’intenses prières, non seulement pour que le Seigneur appelle des ouvriers à sa moisson, mais pour qu’Il ait ces réponses généreuses comme celles de ces jeunes. Leurs témoignages manifestent leur foi, leur grande générosité, leur enthousiasme. Ils n’ont pas peur de relever certains défis d’aujourd’hui, non sans crainte des résistances et des combats, mais avec la force du Seigneur, car ils savent qu’ils servent Jésus-Christ qui est pour nous tous notre maître, Lui qui est le prince de la Vie !
    Ensemble, prions pour eux et rendons-Lui grâce !
    AMEN ! 
  • HOMELIE NATIVITE de JEAN-BAPTISTE - Lc 1,57-66, 80 24 Juin 2018


    HOMELIE  NATIVITE de JEAN-BAPTISTE, 24 Juin 2018


    Connaissons-nous bien  ce Jean-Baptiste dont l’Eglise, en ce Dimanche, fête la naissance et non pas la mort qui se célèbrera le 29 août ?
    Le récit de l’Evangile d’aujourd’hui est très sobre sur sa naissance, sa “venue dans le monde”, alors qu’il développe largement la cérémonie rituelle de la circoncision de l’enfant, son “entrée dans le peuple de l’Alliance”.
    Ce qui peut nous surprendre, c’est la discussion autour de l’attribution de son nom. La tradition aurait voulu qu’il s’appelle “Zacharie”, Zakariyahu, qui signifie : Yahvé se souvient. Sa mère, Elisabeth, qui signifie  Mon Dieu est plénitude (car elle a été exaucée malgré sa stérilité) intervient et lui donne le nom de Jean, Johânan qui signifie : Dieu fait grâce. Dans le contenu de ces noms, il y a toute une manière de dire que Dieu est tout proche de nos histoires personnelles et qu’Il les conduit dans un dessein bienveillant.

    Qu’avons-nous comme portrait de ce Jean-Baptiste devenu grand. Il est annoncé à Zacharie comme la figure du prophète Elie qui, enlevé au ciel huit cents ans auparavant, était attendu par les contemporains de Jean-Baptiste : « …Il marchera devant lui avec l'esprit et la puissance d'Elie, pour ramener le cœur des pères vers les enfants et les rebelles à la prudence des justes, préparant au Seigneur un peuple bien disposé » Lc 1,17
    Son rôle principal est donc de préparer la venue de Jésus. Au bord du Jourdain, il catéchise les foules, les invite à se convertir et répond aux collecteurs d’impôts, aux militaires qui le questionne tous : « Que nous faut-il faire ? ». Il les initie à la justice, les prépare au baptême de pénitence (Lc 3,10-14) et remet ses propres disciples au Christ (Jn 1,36-37). Il s’efface devant Lui : « Il faut qu'il croisse, et que je diminue » Jn 3,30.
    Malgré son dépouillement, son immense humilité et sa consécration totale au Seigneur, une fois jeté en prison par Hérode, il n’est pas à l’abri des doutes sur la manière de faire de Jésus et la grande proximité qu’il manifestait auprès des personnes mal vues selon les critères du bon fidèle à l’Alliance. Il envoie ses disciples auprès de Jésus. Celui-ci le rassure en lui rappelant la prophétie d’Isaïe : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres;  et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi! »  Lc 7,22-23. Et Jésus de déclarer à la foule au sujet de Jean : « Qu'êtes-vous allés contempler au désert? Un roseau agité par le vent?   Alors qu'êtes-vous allés voir? Un homme vêtu d'habits délicats ? Mais ceux qui ont des habits magnifiques et vivent dans les délices sont dans les palais royaux. Alors qu'êtes-vous allés voir? Un prophète? Oui, je vous le dis, et plus qu'un prophète … Je vous le dis: de plus grand que Jean parmi les enfants des femmes, il n'y en a pas; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui » Lc 7,24-27.

    Qui donc est Jean-Baptiste pour nous ?
    Ne serait-il pas celui qui, donné à ses parents dans leur vieillesse, viendrait encore aujourd’hui prêcher à un monde vieillissant et désabusé, la grâce d’une nouvelle naissance ? Ne serait-il pas pour les parents, les catéchistes, les diacres, les prêtres, les missionnaires et finalement tout baptisé, celui que Jésus désignait encore comme  “la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière” Jn 5,35 ?
    Demandons-lui, à l’occasion de l’ordination des cinq nouveaux prêtres pour notre diocèse, d’être celui qui nous conduit à Jésus et nous stimule non seulement pour préparer, mais pour construire avec Lui son Royaume.

    AMEN !
  • HOMELIE 11ème Dimanche Ordinaire B. Parabole du grain semé - Mc 4,26-34 17 Juin 2018


    HOMELIE 11ème Dimanche Ordinaire B. Mc 4,26-34
    17 Juin 2018
    Paraboles du grain semé

    Jésus utilise souvent des paraboles qui “met en parallèle”. Notre façon de vivre ou de croire. C’est un mode littéraire qui procède par comparaison et énigme. Que veut-Il nous enseigner ?

    La première parabole parle d’un grain qui pousse tout seul selon un processus agricole complet : semailles, croissance, moisson. Elle exprime clairement la force interne, secrète et dynamique du Royaume de Dieu qui agit sans que les hommes y soient les seuls acteurs. Isaïe parlait ainsi de la Parole de Dieu qui accomplissait sa trajectoire en réalisant l’objet de sa mission (Is 55, 10). C’est bien rassurant quand, au terme d’une année pastorale, nous faisons des bilans, ayant œuvré autant que nous le pouvions au champ du Seigneur. La puissance de Dieu a en effet agit dans le silence pour faire germer la vie nouvelle. Réjouissons-nous que des personnes, habitées par le Seigneur, viennent frapper aux portes de nos communautés pour découvrir et s’approcher davantage de Lui. Cette parabole est une parole d’espérance invitant à la patience pour tous ceux qui aimeraient que le Royaume de Dieu vienne plus vite et plus nettement, ou même aujourd’hui, pour les nombreux chrétiens persécutés pour leur foi.
    La parabole de la graine de moutarde, “la plus petite de toutes les semences du monde” exprime quant à elle le contraste saisissant entre la petitesse de la graine et la grande plante qu’elle devient, “qui dépasse toutes les plantes potagères”. Cette parabole s’adressait tout particulièrement aux premières communautés chrétiennes toutes petites qui risquaient de se décourager devant l’immensité de la mission auprès du monde païen. Ne serait-elle pas d’actualité face à la laïcisation croissante de notre société et, en contrepartie, d’une déchristianisation que nous constatons tous les jours ?
    Le Seigneur nous confirme qu’Il est toujours avec nous et que la réussite de notre apostolat nous dépasse, mais que la progression est inéluctable. Il en est ainsi de la pérennité de l’Eglise depuis 2000 ans, mais aussi des renouveaux dont la croissance est manifeste dans plusieurs domaines : FRAT pour les collégiens et lycéens ; multitude de propositions pour se ressourcer cet été. Bonne santé des mouvements spirituels : END, parcours "redécouverte", CVX, Ctés de l’Emmanuel ou du Chemin Neuf, groupe de prière et de louange et particulièrement chez nous, catéchisme, Club St Quentin sans oublier bien sûr "Théoteam". Nouveau services d’entraide et solidarité : Le Rocher, les jeunes coopérants, enfants du Mékong, MEP, DCC… Vocations qui naissent et s’épanouissent depuis notre communauté : l’appel au diaconat de Frédéric DEREN et  les 9 séminaristes qui seront ordonnés diacres en vue du sacerdoce le 23 septembre prochain dont notre cher Stéphane !
    N’oublions pas les ordres ou les instituts anciens comme les sœurs et frères de St Vincent de Paul, les franciscains, les abbayes bénédictines qui se développent toujours. Dans l’Eglise, “les oiseaux du ciel peuvent y faire leur nid à leur ombre”, comme le prophète Ezéchiel, dans la première lecture de ce Dimanche l’annonçait à propos de l’arbre planté par Dieu Lui-même : « Toutes sortes d’oiseaux habiteront à l’ombre de ses branches” Ez 17,23. Il désignait ainsi tout homme (dont les païens), qui pourront bénéficier de la venue du Royaume.
    Enfin, l’évangile se termine par un constat de Jésus, peut-être un peu amer : malgré les exemples tirés de la vie ordinaire, les paraboles n’atteignent les auditeurs « que dans la mesure où ils étaient capables de comprendre ». Les paraboles restent des énigmes pour beaucoup. C’est que le mystère de Jésus (sa personne et son message) demeure inaccessible « à ceux du dehors »(Mc 4,11), c’est-à-dire, à ceux qui refusent de croire. En effet, pour entrer dans ce mystère, il faut croire, quitter ses certitudes et ses opinions, mais davantage encore, se mettre à la suite de Jésus sur le chemin qui mène à sa Passion et sa Résurrection
    Réjouissons-nous donc de tous les fruits de son action et,  à la lumière de son Esprit Saint, demandons Lui de nous faire comprendre sa route pour que nous le suivions avec plus de foi et l’en aimions davantage.        AMEN ! 
  • HOMELIE 10ème Dimanche du Temps Ordinaire. B – "Le péché contre l’Esprit" - Mc 3,20-35 – 10.06.2018


    HOMELIE 10ème Dimanche du Temps Ordinaire. Année B – Mc 3,20-35 – 
     10.06.2018

    « Le péché contre l’Esprit »v.30

                      Cher Albert, cher Mathias, pour une célébration d’entrée en catéchuménat, cet Evangile a sans doute de quoi surprendre : mais c’est celui du 10èmedimanche du temps ordinaire de notre Eglise qui est heureuse de vous accueillir en réponse à votre demande.

             Il y a effet beaucoup de propos dans cet évangile et il est bon de le resituer dans son contexte. La scène se passe après que Jésus ait appelé ses disciples sur la montagne. Tous revenus à la maison, il y  tellement de monde qu’ils ne peuvent plus manger et la famille de Jésus veut le récupérer prétextant « qu’il a perdu la tête ». Comme quoi, Jésus pouvait surprendre !
     Surviennent les scribes qui ont appris que Jésus expulsait les démons. Ils l’accusent aussitôt d’être possédé par le chef des démons, Béelzéboul, ce qui se traduit par "le dieu des mouches".
    Par une petite parabole pleine de bon sens, Jésus va les confondre : un royaume, une famille, Satan divisés contre eux-mêmes ne pourront tenir !

    Il veut ensuite leur faire découvrir qui Il est vraiment, non pas un suppôt de Béelzéboul mais celui qui peut entrer dans la maison d’un homme fort, ce Béelzéboul, Satan, en le ligotant pour en piller tous ses biens, tous ses maléfices et l’empêcher de nuire.

    Vient alors l’annonce du pardon sans limite, même pour les blasphèmes, sauf un : celui contre l’Esprit Saint. Celui-là n’aura jamais de pardon : « Il est coupable d’un péché pour toujours »
    Mais qu’est-ce que blasphémer ? Etymologiquement, c’est "parler à tort" : les scribes avaient dit : « Il est possédé d’un esprit impur » (v30) Autrement dit, il est possédé par Satan. Ils avaient en effet poussé la perversion à attribuer à Satan une œuvre de Jésus qui venait d’expulser les démons et cette œuvre venait de l’Esprit Saint, cet Esprit qui l’habitait depuis son baptême le faisait agir ainsi pour libérer les hommes du mal.
            
    En reniant l’Esprit de Dieu qui est en Jésus, ceux qui l’accusent passent à côté de la bonne nouvelle. Cette bonne nouvelle, "cet Evangile", c’est que  nous formons tous une famille. Notre relation à Jésus est beaucoup plus profonde que n’importe quel lien biologique. Sans vouloir détruire les liens familiaux si précieux et qu’Il recommande par ailleurs, Jésus veut nous faire accueillir la volonté de Dieu de faire que nous soyons tous frères et sœurs, enfants d’un même Père du ciel.

    Entrer dans l’Eglise, c’est faire partie de cette foule immense que l’Esprit de Jésus a convoqué (c’est le sens précis du mot Eglise : "convocation") afin qu’Il demeure en chacun de ses membres, instruits de sa Parole et unis à Lui par son Corps livré pour eux. C’est un grand mystère qui nous dépasse et que nous avons à actualiser tout au long de notre vie. Dans votre marche vers le Baptême, vous allez encore l’approfondir : la communauté paroissiale sera présente à vos côtés ainsi que vos  accompagnateurs : alors bonne route !

    Tous, rendons grâce à Celui qui nous donne sa confiance : ne le décevons pas et faisons constamment appel à son Esprit pour qu’Il nous guide, nous éclaire et nous soutienne et donnons envie à ce qui ne le connaissent pas encore de le découvrir par notre vie remplie de gestes d’amour.


  • HOMELIE FETE du CORPS et du SANG du CHRIST. B - 7Juin 2015


    HOMELIE FETE du CORPS et du SANG du CHRIST. B
    7Juin 2015


    « Nous célébrons l’Eucharistie afin d’apprendre à devenir des hommes et des femmes eucharistiques. Cela signifie laisser agir le Christ dans nos actions : que ses pensées soient nos pensées, ses sentiments nos sentiments, ses choix nos choix…

    Les chrétiens sont des hommes et des femmes qui se laissent agrandir l’âme par la force de l’Esprit-Saint, après avoir reçu le corps et le sang du Seigneur…N’ayez pas l’âme étroite, fermée, petite, égoïste ! Mais une âme large, une âme grande, une âme qui voit grand…Laissez-vous agrandir l’âme par la force de l’Esprit après avoir reçu le corps et le sang du Seigneur…

    En vérité, en renforçant notre union au Christ, l’Eucharistie renouvelle la grâce que l’Esprit nous a donnée lors de notre baptême et de notre confirmation, afin de rendre crédible notre témoignage de chrétiens.

    En allumant dans nos cœurs  la flamme de la charité divine, que fait encore l’Eucharistie ? Elle nous sépare du péché.

    Ainsi, participer à l’Eucharistie nous engage également vis-à-vis des autres, en particuliers des pauvres, en nous apprenant à passer de la chair du Christ à celle de nos frères, en lesquels le Christ attend d’être reconnu, servi, honoré, aimé.

    En portant ce trésor d’être unis au Christ dans des vases d’argile (2 Co 4,7), nous avons besoin de retourner continuellement au pied de l’autel,jusqu’au jour où nous goûterons pleinement, au paradis, à la béatitude du banquet des noces de l’agneau (Ap 19,9) »

    Tout ce que je viens de vous exprimer, c’est le pape Françoisqui l’a fait lors de son audience du 15 Novembre 2017, pour nous aider à approfondir le sens et la pratique de l’Eucharistie. Puissions-nous en rendre grâce et nous en pénétrer.

    AMEN !