Homélies du Père Guy Lecourt

Père Guy LecourtLe Père Guy Lecourt maintient un blog, sur lequel il publie ses homélies.

Vous trouverez les 10 dernières homélies publiées.

  • HOMELIE 21ème Dimanche Ordinaire, Lc 13,22-30 "Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? " - 25 Août 2019


    HOMELIE  21èmeDimanche Ordinaire, 2 Août 2019 –
    Lc 13,22-30

    « Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? »

    Question qui était bien d’actualité à l’époque puisque certains rabbins affirmaient que tous les Israélites auront part au monde futur (Mishna, Sanhédrin X, 1) ; mais d’autres rabbins soutenaient que ceux qui périssent sont plus nombreux que ceux qui seront sauvés (Quatrième Esdras IX, 15).

    Comme d’habitude, Jésus ne répond pas à la question ou plutôt, il entraîne plus loin. Quelle est en effet la vraie question ? N’est-ce pas : « Est-ce que moi je serai sauvé ? Et comment ? Qui peut me le dire ? »
    Personne : mais voici les conditions. « Efforce-toi d’entrer par la porte étroite ». Quelle est cette porte étroite et où se trouve-t-elle ? Elle est dans ma vie de tous les jours. Mais, tout d’abord, une remarque de bon sens : plus je suis chargé, encombré, plus une porte me paraît étroite ! Il me faut m’alléger, me détacher de certaines choses non nécessaires, futiles et sans doute de “l’encombrante personne qui est moi-même” disait avec humour St Thomas Moore: traduisez, de mon ego prédominant.
    Mais Jésus dit mot à mot: « Luttez pour entrer par la porte étroite». Il parle de l’effort qu’il faut faire pour entrer dans le Royaume de Dieu. Ces efforts se présentent à nous le plus naturellement du monde. Ainsi, le moindre geste d’attention aux autres, la moindre parole bienveillante, chaque tentative que je fais pour me dominer, pour ne pas céder à mon propre plaisir ou à ma mauvaise humeur, mais au contraire pour aller vers quelqu’un qui a besoin de moi, est toujours une façon de passer par la porte étroite. Chaque fois que je ne rends pas le coup injuste que l’on m’a infligé, chaque fois que je dis « oui » à une croix que j’ai à porter, je fais un bout de chemin par la porte étroite qui mène au Royaume. Par cette image de la porte étroite, Jésus nous redit le sérieux et même les difficultés de la condition humaine et en même temps, la nécessité absolue de se convertir sans cesse aux valeurs de l’Évangile. Mais qu’écrit St Jean désignant Jésus ? « En vérité, en vérité je vous le dis, je suis la porte des brebis…Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé » (Jn 10,7.9). Voilà, d’une certaine façon, la réponse qu’il donne à la question posée au début de notre Évangile. Si la porte c’est bien Lui, alors il suffit, non sans luttes, de le suivre mais ne nous accompagne-t-Il pas, comme une autre comparaison qu’Il fait de Lui-même dans ce même passage d’Évangile de St Jean, où Il se présente comme le Beau Berger ? (Jn 10)

    Jésus continue avec l’image de la porte qui cette fois-ci est fermée. Il y a un véritable risque de rester dehors, à l’extérieur du Royaume, parce que nous aurions  été mot à mot, "ouvriers d’injustice"  et que notre vie serait incompatible avec celle du Royaume de l’Amour.       
    Jésus adresse à ceux qui le connaissent, à nous, un appel urgent et insistant pour s’engager dans une vraie attitude de conversion. D’autres, « venant du levant et du couchant, du nord et du sud, (qui ne l’ont pas connu ni fréquenté), se verront ouvrir la porte et se mettront à table », car leur vie sera faite de tous ces passages de portes étroites que nous avons évoqués et qui les ont fait connaître du « maître de maison », parce qu’ils ont vécu selon son Esprit.
    Ne nous étonnons pas de voir le Christ annoncer pour le Royaume un renversement de situations humaines : « Oui, il y a des derniers qui seront premiers et des premiers qui seront derniers » comme dans le Magnificat. Encore une fois, toute familiarité superficielle avec le Christ, toute piété sans conversion ferait trouver la porte fermée. Nous sommes invités avec insistance par le “maître de maison”, Jésus Lui-même, à entrer par la porte étroite pour nous introduire dans la compagnie “d’Abraham, Isaac et Jacob et de tous les prophètes” et bien sûr, en sa compagnie plus qu’amicale, divine ! N’hésitons pas ; avançons  sans peur avec Lui en passant par ces portes étroites qui se présentent à nous : n’est-Il pas toujours avec nous ?
    AMEN !
  • HOMELIE 20ème Dimanche Ordinaire, Année C -"Je suis venu apporter un feu sur la terre..." Lc 12,49-53 18 Août 2019


    HOMELIE  20èmeDimanche Ordinaire, Année C - Lc 12,49-53 - 18 Août 2019

    « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division».

    Voici des paroles qui peuvent nous laisser perplexes, tant elles vont à l’encontre de l’image que nous avons de Jésus, "Prince de la Paix", pardonnant jusqu’à ses ennemis. Il dit encore : « Je suis venu apporter un feu sur la terre et comme je voudrais qu’il fut déjà allumé ! »  Jésus pyromane ? Mais de quel feu veut-il enflammer la terre ? De quel feu s’agit-il ? En ces périodes d’incendies ravageurs, il est bon de le préciser !

    C’est un feu qui purifie : il aide à choisir  de suivre Jésus qui exclut toute haine, toute jalousie, tout mensonge, tout rejet (surtout des "petits", des malades, des socialement faibles) ; il rejette tout racisme de quelque nature qu’il soit et dénonce toute injustice, tout écrasement du pauvre. Il recherche la Paix, non sans la vérité ; l’unité, non sans le pardon ; le respect, qui n’est pas condescendance envers l’enfant de Dieu que chacun est.
    Il est évident que de telles dispositions dérangent et suscitent des oppositions violentes dans la société bien sûr, où il est parfois très difficile d’appliquer cela et de dire sa foi, ou même, par exemple, d’exprimer, sans susciter la dérision, son refus de tout acte portant atteinte à la vie en son début ou en sa fin.
    Parfois même, et cela est étonnant,  elles provoquent dans les familles et particulièrement chez les parents, une résistance dissuasive, voire une hostilité envers celle ou celui qui a émis le désir de répondre à un appel du Christ et de se consacrer à Lui au service de ses frères. Feu qui purifie, oblige à choisir : « Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple » Luc 14, 26-27.
    Jésus ajoute qu’Il doit recevoir un baptême et que cela l’angoisse avant qu’il ne soit accompli : de quel baptême s’agit-il ? Celui dans lequel Il sera plongé dans Sa mort pour ressusciter à la Vie baptême où il y a mort à soi-même pour s’ouvrir, naître aux autres et au Tout-Autre.

    Alors, ce Jésus, impossible à suivre ? Trop dur !
    Encore une fois, si nous voulons le suivre par nous-mêmes comme un défi que nous nous donnerions, ou comme une conduite au terme de laquelle nous serions récompensés au vu de nos efforts et nos mérites, c’est peine perdue : tôt ou tard, notre nature humaine nous rattrapera. De plus, Jésus n’a-t-Il pas dénoncé cette manière de faire qui rappelle l’attitude suffisante d’un certain pharisien face à un publicain ? Lc 18,9-14.

    Vous avez bien entendu : « Je suis venu apporter un feu… » C’est donc à Jésus qu’il faut demander de nous donner ce feu en nous. Et Il n’attend que cela. Or ce feu, Il l’a initialisé à notre Baptême : « Vous, c’est dans l’Esprit que vous serez baptisés sous peu de jours » (Ac 1,8) promet-Il à ses disciples au moment de les quitter à l’Ascension. Cet Esprit, n’est-il pas le feu de Pentecôte ?
    Ce feu de l’Esprit ouvre à une vie nouvelle, à une autre fraternité formée de « ceux qui écoutent la parole et la mettent en pratique » et autour d’un même Père. Mon père, ma mère, mon épouse… me deviennent frères et sœurs autrement, selon l’Esprit d’amour de Dieu.

    Donne-nous, Seigneur, ton Esprit de force et de courage pour résister, accueillir les personnes et les évènements, et assumer nos responsabilités humaines et spirituelles d’enfants bien-aimés du Père
    AMEN !
  • HOMELIE ASSOMPTION Lc 1, 39-56 - 15 Août 2019


    HOMELIE  ASSOMPTION 15 Août 2019
     Lc 1, 39-56

    A ma connaissance, il n’existe pas de créature humaine qui soit aussi humble et aussi vénérée que la Vierge Marie. Outre le “Magnificat”, merveilleux cantique que nous venons d’entendre et qui est repris à chaque office de vêpres par des milliers de personnes, laïcs, prêtres, religieuses ou religieux, je n’ai relevé que cinq paroles de Marie dans les Évangiles.
             Marie la servante, disponibleau dessein de Dieu, qui veut devenir l’un d’entre nous, en tout point semblable, hormis le péché. Elle cherche, comme pour l’aider, à connaître par quel moyen va se réaliser ce projet : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme » Lc 1, 34. Une fois éclairée par l’ange, elle donne un oui total : « Voici la servante du Seigneur : que tout se passe pour moi comme tu l’as dit ! » Lc 1, 38.  Marie permet ainsi à Dieu de réaliser ce Mystère de l’Incarnation, où son Fils demeure pleinement Dieu, tout en devenant pleinement homme.
             Marie louant son Seigneur : Le cantique du Magnificatest entièrement centré sur Dieu et ce qu’Il réalise en elle.
             Marie ne s’évadant pas de notre condition humaine. Non seulement elle évolue dans un monde violent qui a ses propres lois (massacre des saints innocents, passion de son Fils), mais elle éprouve en elle questionnements, angoisse : Lorsqu’elle retrouve Jésus au Temple après deux jours de recherche : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! Ton père et moi, nous te cherchons, angoissés ! - « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » » Lc 2, 48-49. Luc nous rapporte que Marie et Joseph ne comprirent pas la réponse de Jésus. Cette incompréhension se poursuivra plus tard au sein de sa famille, lorsque Jésus aura commencé sa prédication : « Sa mère et ses frères arrivent et, se tenant dehors, ils le firent appeler. Il y avait une foule assise autour de lui et on lui dit: "Voilà que ta mère et tes frères et tes sœurs sont là dehors qui te cherchent." Il leur répond: "Qui est ma mère? Et mes frères ?"  Et, promenant son regard sur ceux qui étaient assis en rond autour de lui, il dit: "Voici ma mère et mes frères.  Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m'est un frère et une sœur et une mère." » Mc 3, 31-35
                      Marie, attentive aux besoins des hommes et sûre du pouvoir de son Fils. A Cana, s’adressant à Jésus : « Ils n’ont plus de vin » A la réponse étonnante de Jésus : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore arrivée ». Elle poursuit, assurée : « Tout ce qu’Il vous dira, faites-le » Jn 2, 2-5.
                       Marie, compatissante.Quand l’heure de son Fils est venue, elle est là, impuissante au pied de la Croix : « Jésus donc voyant la mère et, se tenant près d'elle, le disciple qu'il aimait, dit à la mère: " Femme, voici ton fils."  27 Puis il dit au disciple: "Voici ta mère." Jn 19, 26-27.
                       Marie présente à L’Église naissante. Elle est assidue à la prière avec les Apôtres, de quelques femmes et des frères de Jésus. Elle se trouvera avec eux, tous ensemble, à Pentecôte pour recevoir le don de l’Esprit Saint qu’elle avait déjà accueilli en elle à l’Annonciation. Ac 1, 14 et 2,1.  
                      Oui, Marie, discrète, humble servante « bénie entre toutes les femmes… Toutes les générations te diront bienheureuse »
                       Marie, Toi la Femme, n’es-tu pas celle que nous présentait l’Apocalypse, mettant au monde un enfant mâle qui doit mener toutes les nations… ? N’es-tu pas celle qui reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert ? N’es-tu pas celle que la Tradition nous présente s’endormant au milieu des Apôtres pour être enlevée au ciel comme quelques grands personnages de la Bible : Hénoch, le patriarche, enlevé, car « il suivait les voix de Dieu » Gn 5,23. Élie le prophète, qui monta au ciel dans la tempête sur un char de feu : 2 Roi 2, 11 ; peut-être Moïse, qui mourut face à la Terre Promise et dont on ne retrouva jamais la tombe : Dt 34, 6.
                      Marie, sois présente à nos côtés pour nous élever vers ton Fils, maintenant et à l’heure de notre mort,    AMEN !
  • HOMELIE 19ème Dimanche Ordinaire, "Veiller" - Lc 12,35-40 11 Août 2019


    HOMELIE  19ème Dimanche Ordinaire, Lc 12,35-40
    11 Août 2019

    « Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ».

    Ce ne sont pas des paroles en l’air que nous dit aujourd’hui le Seigneur. Qui d’entre nous n’a pas été ému, troublé même  par la brusque disparition d’un proche, d’un ami ? Et il suffit de regarder, d’écouter ou de lire un grand média, télé, radio ou journal, pour être abreuvé, jusqu’à saturation parfois, de dramatiques nouvelles.

    Jésus nous demande donc de veiller. Un joli mot en grec : grégoreo, qui a donné en français : Grégoire, le veilleur.
    Est-ce si facile que çà de veiller ? Veiller évoque une tension, voire une inquiétude : il ne faut pas “manquer” le bus, le train, l’avion… C’est même dans certains cas fatiguant : veiller un bébé, une personne malade… Et puis, nous avons nos limites et l’état de veille peut se transformer en somnolence, comme les disciples à l’agonie du Seigneur.
    Mais est-ce bien de cette veille dont Jésus nous parle, lui qui par ailleurs nous dit : « Ne vous inquiétez de rien : à chaque jour suffit sa peine » ?  Il ne parle pas d’attendre avec inquiétude ou peur comme on attendrait dame la mort avec sa faux, car, à coup sûr, nous ne pourrions être vraiment présent à ce que nous faisons ni aux personnes que nous rencontrons et écoutons. Jésus nous demande de « rester en tenue de service », autrement dit, être bien à ce que nous avons à faire en tenant compte de ce que le Royaume de Dieu est déjà au milieu de nous. Cela entraîne que nous essayons d’agir à la manière de Jésus : de partager, donner, pardonner et de porter attention particulièrement à ceux qui n’intéressent pas ou qu’on ne regarde plus : Dieu se glissera au milieu d’eux. L’attitude de veille demande donc de ne pas nous laisser enfermer dans les réalités terrestres mais de nous ouvrir à la présence de Dieu dans ces mêmes réalités.

    Pour cela, il nous faut demander un regard de foi, comme le rappelait l’épître aux Hébreux en nous présentant la foi d’Abraham et de tous les grands croyants de la Bible. Demander ce regard de foi avec confiance. Alors, le Fils de l’homme qui n’a pas d’heure, viendra à notre rencontre et nous invitera à sa table pour nous servir : vous vous rendez compte ! Comment ne pas attendre ce moment avec un certain désir, même s’il nous faut continuer notre route sur cette terre, mais pour combien de temps ? Nul ne le sait ! Alors, veillons !

    Que notre eucharistie d’aujourd’hui fasse grandir notre foi en Celui qui déjà nous nourrit de sa présence et fait chemin avec nous en attendant de venir nous chercher pour être toujours avec lui et ceux qui nous ont précédés,   
    AMEN !
  • HOMELIE 14ème Dimanche Ordinaire C." Feuille de route pour la mission." - Lc 10,1-12.17-20 7 Juillet 2019


    .HOMELIE  14èmeDimanche Ordinaire C. Lc 10,1-12.17-20
    7 Juillet 2019

     Feuille de route pour la mission.

        Au seuil de la période tant attendue des vacances, qui, je l’espère vont nous permettre de nous « re-créer » physiquement, psychiquement et spirituellement, voici que l’Évangile de ce dimanche nous présente Jésus envoyant ses disciples en mission et leur donne comme une « feuille de route ».
        Tout d’abord, Il en choisit 72 : 6 x 12. C’est le chiffre symbolique qui désigne dans la Bible (Gn 10,32) le nombre « des nations païennes qui se répartirent sur la terre après le Déluge ». Jésus envoie donc les disciples auprès de tous les hommes à qui le Royaume de Dieu est destiné et ouvert. La mission est donc universelle : sommes-nous aujourd’hui ouverts, les invitants à participer à la vie du Royaume ?
       
        Il les envoie 2 par 2, car selon la loi juive, une parole, un fait, un évènement ne valent que s’ils sont attestés par deux témoins. La mission n’est pas une affaire individuelle mais doit relier à une communauté d’Eglise, Corps du Christ.
       
    Il les envoie, mot à mot, « devant sa face », expression qui traduit le caractère sacré de la mission, car il s’agit de préparer la venue du maître.

        Quelles sont les recommandations qu’Il leur donne ?
    La première est de « prier le Maître de la moisson ». Rien n’advient du Royaume de Dieu sans l’action de Dieu Lui-même.
    Nous coopérons à la construction du Royaume mais nous n’en sommes pas les maîtres d’œuvre. Si la moisson est abondante nous ne sommes les propriétaires ni du domaine, ni de la récolte. C’est pourquoi, au début de la mission, Jésus demande à ses disciples d’annoncer l’Évangile les mains vides. Viendra le temps où Il devra les quitter pour entrer dans sa Passion et Il leur demandera de prendre des moyens pour leur mission : bourse, sac et même épée ! (Non pas qu’Il exhorte les disciples à prendre les armes, Lui qui leur a fait apporter la Paix, mais seulement pour annoncer que la mission comportera des épreuves et des luttes). D’ailleurs, Il les prévient que bien accueillis ou pas, ils resteront les porte-voix du Seigneur : le résultat de la mission ne leur appartient pas.

        Rien ne doit faire obstacle à leur annonce : ni les nombreuses règles et prescriptions alimentaires (la Kashrout) qui peuvent empêcher de partager un repas et l’Évangile avec les païens, ni le risque de passer de maison en maison et de susciter ainsi l’esprit de chapelle (nous dirions aujourd’hui de « clocher »).

        S’ils guérissent les malades et soumettent les esprits mauvais, c’est bien au Nom du Seigneur qu’ils le font.

        Par-delà les épreuves rencontrées, que ce soit hier ou aujourd’hui, Jésus, par sa Croix transfigure les difficultés ou même les échecs apparents de nos missions. C’est ainsi que Paul pouvait en faire son orgueil : « La croix de Jésus-Christ reste mon seul orgueil » (Ga 6,14). Mais en même temps, Jésus nous invite à la joie et nous envoie sur les routes d’aujourd’hui pour préparer le terrain où Lui-même doit passer. Peut-être d’ailleurs y est-il déjà et nous attend pour Le révéler à ceux qui voudront bien l’accueillir.

        Avec Lui, tous ensemble, chacun à notre manière, répondons à son appel ; prions le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson, remercions-Le de nous appeler à cette mission et « réjouissons-nous de ce que nos noms sont inscrits dans les cieux », c'est-à-dire qu’Il soit avec nous jusqu’au bout et même au-delà !  
     AMEN !
  • HOMELIE 13ème Dimanche Ordinaire C . "Jésus sans conditions" Lc 9,51-62 30 Juin 2019


    HOMELIE  13èmeDimanche Ordinaire C. Lc 9,51-62
    30 Juin 2019

        L’évangile de  ce 13° dimanche peut paraître un peu déconcertant pour célébrer les ordinations de 9prêtres et d1 diacre. Voyons de plus près.
        Jésus  monte résolument à Jérusalem avec ses disciples : il est même écrit qu’Il "durcit sa face". C’est dire sa détermination. Ses jours sont comptés. Les samaritains, en rivalité avec les juifs de Jérusalem, leur refusent l’hospitalité. Les disciples, Jacques et Jean, en appellent à une terrible sanction inspirée par un épisode de la vie du prophète Élie (2 R 1,9) qui justifie le surnom que Jésus leur avait donné : "fils du tonnerre" (Mc 3,17). Jésus les réprimande vivement.
        Alors se déroule une rencontre sympathique avec un homme déterminé à suivre Jésus : réponse de Jésus, qui a de quoi le refroidir sur les conditions de vie concrète : « Il n’a pas où reposer la tête »
        Suit un appel que Jésus adresse à un autre homme : mais devant sa demande légitime et filiale d’aller enterrer son père, la réponse de Jésus est cinglante; “Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le Règne de Dieu”.
        Enfin, le dernier homme qui veut le suivre, bien disposé, mais attaché aux siens, se voit appelé à une autre  disposition nécessaire : « Ne pas regarder en arrière ! »
        De quoi décourager des vocations !
        Pourquoi ce comportement si exigeant de Jésus ?
    Il annonce le Royaume de Dieu qui est proche et ce Royaume fait entrer dans une vie nouvelle. Certes elle ne va pas sans lutte et c’est pourquoi, c’est un combat à mort qu’Il va livrer à Jérusalem d’où surgira la vie nouvelle de la résurrection. C’est une tellement bonne nouvelle que plus rien d’autre ne l’emporte désormais, pas même le bien précieux qu’est l’amour d’un fils pour son père. « Laisse les morts enterrer leurs morts » devient alors une façon d’exprimer cette conviction : il n’est plus temps de s’occuper des morts puisque Dieu vient offrir une vie nouvelle. Il y a urgence absolue à mettre ses forces pour qu’advienne le Règne de Dieu. Les propos de Jésus n’ont pas pour but d’empêcher le disciple d’aller enterrer son père, mais de lui annoncer, par une image forte, que le Règne de Dieu vient balayer la mort. Etre son disciple, c’est croire en cette vie nouvelle et ne pas se laisser enfermer par la mort.
        Mais Jésus également donne un double sens au mot « les morts ». Le mot désigne d’abord ceux qui sont morts physiquement.Puis il désigne ceux qui sont morts spirituellement, ceux qui n’ont pas trouvé la vie du Règne de Dieu ou la refusent. Suivre Jésus qui est la Vie, c’est appartenir à la vie véritable et renoncer à s’attacher aux choses périssables. « Pour toi, semble dire Jésus à cet homme qu’il a appelé, va-t’en annoncer le Règne de Dieu »Va-t’en dispenser la Vie et « ne cherche pas parmi les morts Celui qui est Vivant » Lc 24,5 et qui donne la Vie.
        Les deux autres conditions pour suivre Jésus (ne pas avoir d’endroit où reposer sa tête…Faire ses adieux aux gens de sa maison…)  vont dans le sens de cette annonce du Règne de Dieu et des ruptures nécessaires avec le passé, les ancêtres, les racines, le confort bien naturel d’une vie même simple.
        Cependant, la vie chrétienne n’est pas à côté de la vie. Jésus nous laisse redéfinirnotre relation à nos parents, à notre passé, à tout ce qui fait notre vie. Seulement ce nouveau réseau de relations ne sera plus déterminé par des comportements inconscients et stéréotypés, des hérédités contraignantes ou des nécessités sociales, mais deviendra l’expression de notre liberté, de notre affection pour Jésus et de notre responsabilité, animées par la présence de Dieu Lui-même. Être disciple de Jésus, c’est finalement aimer autrement mieux, en particulier sa famille.
        Très sincèrement, avec le recul, je peux témoigner que l’appel du Seigneur auquel j’ai répondu m’a permis d’apprendre à aimer de mon mieux les personnes qui m’ont été confiées sans perdre l’affection de ma famille qui m’a compris et soutenu tout du long.  En ces jours où plusieurs jeunes seront ordonnés prêtres au service de leurs frères, (123 en France, 9  pour le diocèse), remercions le Seigneur de les avoir appelés et prions pour eux qui ont répondu à cet appel : que d’autres jeunes ne craignent pas de se mettre en route : eux et leurs familles ne seront pas déçus: ils en seront profondément heureux !    
    AMEN !
  • FÊTE du Saint-Sacrement du CORPS et du SANG du CHRIST - Lc 9, 11b-17 – 23.06.2019


    FÊTE du Saint-Sacrement du CORPS et du SANG du CHRIST - Lc 9, 11b-17 – 23.06.2019

    « Donnez-leur vous-mêmes à manger  ».

    Comment comprendre cette parole de Jésus ?

    Le sens le plus évident, et que les Apôtre ont compris ainsi, c’est : « Vous, donnez-leur à manger » Comme si Jésus leur confiait une mission quasi impossible pour nourrir les 5 000 hommes rassemblés ! Et cependant, ils exécutent sa demande et préparent une distribution de nourriture dont ils n’ont pas la moindre idée de savoir comment elle se réalisera : ce sont vraiment des hommes de foi !
    Que s’est-il passé précédemment ? Aux foules qui l’avaient suivi, Jésus avait parlé du règne de Dieu et avait guéri ceux qui en avaient besoin. Il comble leurs manques et se donne tout entier à ces gens en souffrance ou en attente de connaitre ce qu’est le règne de Dieu. Le jour commençait à baisser et ces mêmes foules risquaient d’être affamées sans abri pour la nuit. Jésus va les nourrir : comment ? A partir des pains et des poissons qu’elles lui apportent.

    Après s’être donné, Lui, Parole de Dieu, il va nourrir avec le pain multiplié, ce pain qui annonce un autre Pain qui est son Corps donné pour nous.
     
    Il y aurait une autre interprétation de cette parole de Jésus, qui je l’avoue, n’est pas fidèle à la grammaire du texte, mais qui introduit un sens hautement spirituel. Ce serait : « donnez-vous vous-mêmes à manger » comme ce que Jésus a fait Lui-même ; autrement dit : « Donnez-leur de vous manger vous-mêmes ». Bien sûr, Il ne nous demande pas de nous donner en nourriture à la façon dont Il se donne dans l’Eucharistie, mais Il nous demande d’être "mangés" par ceux qui s’adressent à nous dans le besoin, lorsqu’ils manquent de toute forme de chose. N’est-ce pas le sens des œuvres de miséricorde ?
    En cette semaine de veille aux ordinations de nos 9 futurs prêtres et un diacre qui font leur retraite de préparation aux ordinations, nous les confierons au Seigneur, car ils auront, eux aussi la vocation d’être "mangés" au service de leurs communautés où ils seront envoyés.
    Cependant, ils ne sont pas les seuls et combien connaissons-nous de personnes qui dans leurs tâches familiales, leurs professions, leurs services dans des associations ou dans l’Église sont ainsi mangées.
    Quand cela nous arrive, devenons comme Jésus, surtout si nous le faisons avec le même cœur que Lui, un cœur touché par le manque d’un frère et qui cherche à le combler.
    En venant communier, nous « devenons ce que nous recevons » : nous demeurons en Lui comme Il demeure en nous. Nous faisons corps avec Lui. Il est vraiment nourriture, nous en sommes fortifiés. Soutenus ainsi, transformés parce qu’habités par Lui, nous sommes relevés de nos fatigues, de nos inerties et du poids du péché. Nous pouvons alors être témoins d’une Alliance d’Amour avec Lui. Prendre ce pain, c’est entrer dans cette dynamique du don de soi comme Lui-même l’a fait et devenir nourrissant pour nos proches.
    Donne-moi faim de Toi, Seigneur ! Préserve-moi de la routine et de l’habitude ; que ce pain ne devienne insipide, comme la manne dans le désert. Et lorsque je t’aurai reçu, ouvre mes yeux et mon cœur vers ceux qui sont tes frères et que tu mets sur mon chemin. Mes eucharisties deviendront passionnantes, car remplies de Toi et alors, je pourrai Te représenter. Ta Parole m’éclairera pour moi et pour eux ; Ton Pain sera ma nourriture et celle de Ton Corps et ton Sang tout entiers auquel Tu m’associes.
     « Il est vraiment grand ce mystère de la Foi ! » Nous t’en remercions et nous faisons Eucharistie avec Toi.


    AMEN !
  • HOMELIE FÊTE de la TRINITE – 16 Juin 2019




    HOMELIE FÊTE de la TRINITE – 16 Juin 2019

    Pourquoi les théologiens ont-ils inventé ce nom de "Trinité", pour parler de Dieu ?
    Depuis ses débuts, l’Église a été amenée à préciser ce en quoi elle croit. Pour parler de Dieu, il ne s’agissait pas de retomber dans la présentation d’une trilogie de divinités païennes que la vie civile et religieuse romaine allaient abandonner en même temps que l’empereur Constantin, vers 313, (Édit de Milan). Il s’agissait d’abord de garder la fidélité à la Révélation, transmise dans la Sainte Écriture : Dieu est Un, grande affirmation de la foi juive que Jésus n’a pas démentie, mais au contraire proclamée : “Écoute Israël ! Le Seigneur notre Dieu est le Seigneur Un” Dt 6,4) Mais il fallait aussi  tenir compte de la venue dans l’Histoire de Jésus, Christ et Seigneur, et de l’Esprit Saint de Dieu, qui se répandait sur toute la terre et tous les peuples. Oui Dieu est UN, mais s’Il est l’Amour, comment peut-Il rester seul ? Si Dieu est Amour, Il n’est pas solitaire mais Il n’est pas non plus divisé.Au 3ème siècle, l’Église a dû forger un nouveau nom, pour rendre compte de cette réalité révélée de Dieu. Et c’est la proposition faite par les Pères de l’Église d’introduire, au cœur même de l’intimité de Dieu,  la notion de “personne”,qui est un être unique, capable de relations, distinct des autres, de même nature qu’eux: Une seule nature divine, en trois personnes distinctes, unies par un Amour infini … Ils ont alors créé un nouveau mot : Tri-Unitas, qui signifie “Unité de Trois”.Elle fait partie d’un des trois grands mystères de notre foi : Incarnation, Rédemption et Trinité. C’est à dire que nous n’aurons jamais fini de comprendre qui est Dieu.

    Alors, pourquoi se casser la tête ?
    Eh bien je pense que ça vaut le coup de s’arrêter un instant sur cette proposition de foi en Dieu. L’idée que nous pouvons nous faire d’un dieu seul peut être enfermée dans une définition, une conception, que nous pouvons alors nous approprier et qui peut devenir vite oppressante, exclusive : "Dieu de justice", "Dieu tout-puissant", "Dieu très grand" : "Allah kbar" ! Ces définitions expriment souvent nos limites que nous voudrions dépasser : elles en font un dieu, forcément “avec nous”, "de notre côté". Avec Dieu Trinité, nous avons un "Dieu Trois personnes" unies dans une relation d’amour incessante qui nous empêche de l’enfermer dans une idéologie quelconque, car Il est un courant de Vie.
    De plus, si nous prenons au sérieux les premières paroles de la Bible qui présente la création de l’homme : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu Il le créa, mâle et femelle Il les créa »(Gn 1,27). Il existe en l’homme et la femme, inscrit dans leur nature, cette nécessité de vivre en relation aux autres, différents mais semblables, dans l’amour, sans lequel il ne peut y avoir de vrai bonheur. La Trinité Sainte, loin d’être une simple notion théologique, est ce “Dieu tendre et miséricordieux” déjà révélé à Moïse au Sinaï.
    Les textes de notre Messe d’aujourd’hui rappellent les trois caractéristiques trinitaires.
    La Sagesse: elle nous apprend à maîtriser et soumettre autant qu’il est possible, l’univers pour le bien de tous. Nous sommes coresponsables  de la Création avec le Père, “Créateur du ciel et de la terre”. Lire l’encyclique du pape François « Laudato si… » « Loué sois-Tu… »
    L’Esprit Saintnous guide par les Paroles du Fils et du Père pour nous conduire aux situations vraies, aux échanges riches qui permettent la communion (Jn 16,12-15). Il nous rend capables de vivre des relations d’amour désintéressées, des relations qui ne soient ni dépendance, ni domination blessante. Il nous rend libres.
    Enfin, “par le Seigneur Jésus-Christ, nous avons accès au monde de la grâce” qui donne la force au travers des épreuves “nous conduisant à la persévérance, la valeur éprouvée et l’espérance qui ne trompe pas” (Rm 5, 5).
    Oui, "Dieu Trinité" est toute entière puissance d’amour créatrice et productrice. Les trois personnes nous invitent à entrer dans leur intimité par la grâce du “Baptême d’eau” en leurs Noms. Si bien que nous pouvons les prier l’une ou l’autre, selon nos sensibilités, la nature de notre prière ou l’évolution de notre foi. Il n’y a ni rivalité, ni jalousie entre elles. Elles nous apprennent la communion entre nous. Comme chacune de ces personnes, il faut avoir un cœur humble et accueillant, capable de “plonger” (sens du mot “baptême”) dans ce courant d’amour infini. Ces dispositions de cœur et d’esprit, nous les demandons pour nous-mêmes, pour nos proches, notre communauté paroissiale et toute l’Église et pour le monde entier. AMEN !
  • HOMELIE de PENTECÔTE – Jn 14,15-16.23b-26 - 9 Juin 2019


    HOMELIE  de PENTECÔTE – Jn 14,15-16.23b-26
    9 Juin 2019
    -

    « Je prierai le Père, et Il vous donnera un autre Défenseur qui sera toujours avec vous : l’Esprit de Vérité» Jn 14, 16

    Jésus va demander à son Père un autre  Défenseur pour ses disciples. C’est donc que Jésus a été le premier Défenseur de ses Apôtres.
    Contre quoi les a-t-Il défendus ? Contre quoi nous défend-t-Il aujourd’hui encore ? Contre de fausses représentations de Dieu. Il leur a fait découvrir Dieu comme un Père et leur a enseigné la véritable relation à ce Père, pour éviter qu’ils le soupçonnent de ne pas les aimer, de les laisser à la merci de leurs  tentations de possession, de volonté de puissance, de leurs propres violences et de celles du monde ; souvent de leurs peurs, de leurs angoisses même ; bref de les laisser orphelins, livrés à eux-mêmes.
    Mais pour rester fidèles à ces commandements (qu’on pourrait traduire par « recommandations, prescriptions» comme celles d’un médecin) de quel autre Défenseur ont-ils besoin ? D’un Défenseur qui assure la continuité de ce que Jésus faisait, pour que, comme Paul l’exprimait dans sa lettre aux Romains, (qui nous a été donnée en deuxième lecture), les disciples ne retournent pas « sous l’emprise de la chair ».

    Que signifie cette expression ? Dans la Bible, la chair (sarki en grec) désigne l’être humain tout entier, corps et âme, dans sa condition terrestre et fragile, limité, par opposition à l’esprit qui indique l’origine divine ou céleste. « Le Verbe s’est fait chair » Jn 1,14 signifie que Dieu entre de façon sensible, "incarnée" dans notre humanité. Sous l’influence grecque, Paul va opposer la chair à l’esprit : la chair va alors désigner la pesanteur de l’homme, son attirance vers le mal et sa tendance à y succomber. Un être sous l’emprise de la chair est un être dominé par ses instincts désordonnés, ses pulsions, ses fantasmes, ses phobies, qui peuvent conduire au péché en l’éloignant de la vie de l’Esprit selon Dieu. Esclave de lui-même et de ses passions qui l’entraînent vers le bas, il ne se laisse pas libérer par le Christ.

    Si donc l’on veut suivre le Christ et rester avec Lui, Il nous donne cet autre Défenseur qui sera avec nous pour nous « inspirer », « nous souffler » ce qui est bon pour nous et pour les autres, et nous donnera la force de le réaliser. Sous « l’emprise de l’Esprit », nous serons libres et non plus esclaves des forces du mal que Jésus a vaincues dans sa chair sur la Croix. Mais mieux encore, nous pourrons nous comporter en enfants bien-aimés et nous adresser à Dieu avec les mots même de Jésus. Nous pourrons lui dire : « Abba !Père ! » (Et même, si l’on gardait la traduction exacte, on pourrait dire : « Papa ! »).

    A Pentecôte,c’est toute l’Église qui reçoit l’autre Défenseur. En lisant les Écritures, elle se souvient des paroles et des actes de Jésus. Elle reçoit la lumière et le dynamisme  symbolisé par les langues de feu pour faire savoir au monde que Dieu aime tous les peuples ; qu’Il veut être avec eux comme un Père et qu’Il nous invite à nous conduire comme des frères, avec cette dignité incomparable d’enfants bien-aimés.

    Exprimons notre dignité par toute notre vie inspirée à tout instant par l’Esprit du Père et du Fils qui nous a été donné : que nos cœurs soient remplis de reconnaissance,

    AMEN !
  • HOMELIE 7ème DIMANCHE de PÂQUES. Ac 7,55-60 - Ap 22,14-20 - Jn 17,20-26. 2 Juin 2019.


    HOMELIE 7èmeDIMANCHE de PÂQUES.
    Ac 7,55-60 - Ap 22,14-20 -  Jn 17,20-26
     2 Juin 2019.

    « Marana tha ! Notre Seigneur, viens !»

    La première lecture de ce dimanche, ne vous a-t-elle pas frappée par la ressemblance de St Étienne avec Jésus ? Comme Lui, Étienne prie, "fixant ses regards vers le ciel" ;  comme Lui, il est exécuté “hors de la ville” ; comme Lui, “Il remet à Dieu son esprit” ; comme Lui, il pardonne à ses bourreaux : « Ne leur compte pas ce péché ».
    Étienne avait bien compris que son Seigneur était l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin dont nous parlait l’Apocalypse en deuxième lecture. Il s’était tout donné à Lui. Il s’était identifié à Lui jusqu’à son supplice.

    Jésus prie « levant les yeux au ciel »et Il prie pour nous qui, grâce à la parole des disciples réunis à cet instant autour de Lui, croiront un jour en Lui. Que demande-t-Il ? « Que tous soient un en nous pour que le monde croie que tu m’as envoyé ! » Il demande au Père de pouvoir réaliser l’unité entre nous : il en va de sa propre mission.

     Pourquoi cette prière de Jésus à son Père ? Cette union n’est-elle pas le dessein divin de la Création, le sens profond de nos existences ; ce pour quoi et pour qui nous sommes faits, à l’image de la Trinité Sainte : être, nous tous, unis en elle ? Et donc, toute forme d’unité que nous pouvons construire sur terre, en famille, dans le mariage, en communauté paroissiale, dans notre pays et dans le monde entier, a sa source et sa vie en l’unité divine de la Trinité : elle est un don à demander : « Marana tha ! Notre Seigneur, viens ! », Viens la réaliser par le don de ton Esprit Saint.

    Il est vrai que cette unité est bien souvent difficile à réaliser tant nous sommes divers, différents, voire opposés, qu’elle nous paraît un doux rêve irréalisable. C’est bien la place de l’Esprit de Dieu que de pouvoir pourtant la faire advenir : s’il en va par moments que nous soyons découragés, ce n’est pas étonnant. Ne sommes-nous pas dans une vie bien chargée, souvent en suractivité ou au contraire, en manque, (en raison de l’âge, de la retraite ou d’un handicap important), poussés par un désir de laisser tomber et de souhaiter être simplement avec Jésus, au repos et en paix ? 

    « Alors regardons vers le ciel. » Écoutons de nouveau la voix de Jésus. Quel est le sens de cette unité ? « Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé » Voilà quelle a été sa mission, voilà pour qui Il a donné sa vie : nous révéler que nous sommes aimés par le Père comme Il a aimé son Fils !

    En cherchant à construire coûte que coûte l’unité autour de nous, par la foi, l’espérance et la charité reçues de Dieu, unis à tous ceux qui croient en Lui ou qui sont de bonne volonté, nous portons témoignage auprès du monde et nous participons à la mission telle que Jésus en parle, en la manifestant aujourd’hui : «  Je leur ai fait connaître ton nom [c’est-à-dire qui tu étais], et le ferai connaître [c’est un futur, donc présent aujourd’hui],  pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux »
    L’unité désirée, construite et vécue conduit directement à vivre dès à présent dans l’amour de Dieu. Quelle grâce !
    Comment l’en remercier ? En le priant : Alors, oui,"Marana tha ! Notre Seigneur, viens !"

    AMEN !