Homélies du Père Guy Lecourt

Père Guy LecourtLe Père Guy Lecourt maintient un blog, sur lequel il publie ses homélies.

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  • HOMELIE 3ème Dimanche de l’AVENT- C. – "Que nous faut-il faire ? " Lc 3, 10-18 16 Décembre 2018


    HOMELIE 3ème Dimanche de l’AVENT- C. – Lc 3, 10-18
    16 Décembre 2018 

    « Que faut-il faire ? »

    Quelle réponse Jean-Baptiste va-t-il donner aux gens en recherche de Dieu auprès de ce prophète et qui viennent lui demander :« Que faut-il faire ? » Va –t-il leur demander de tout quitter pour le suivre et vivre comme lui dans l’attente du Messie ?  Va-t-il demander aux fonctionnaires des impôts de quitter leur métier malhonnête ? Va-t-il dire aux soldats de déserter ? Rien de tout cela, mais à tous, il demande d’être compatissants, de partager avec ceux qui manquent de l’essentiel ; aux fonctionnaires des impôts, d’être juste, de ne pas abuser de leur fonction par cupidité ; aux soldats, de respecter toute personne. Rien qui ne soit hors de portée ou héroïque. Simplement se convertir en suivant attentivement la Loi donnée par Dieu : bref, si l’on y regarde bien, pour accueillir Dieu, il leur demande simplement d’être “humain”, profondément humain, c'est-à-dire d’être ce qu’ils sont par création, par nature : image, « icône » de Dieu. Cette « icône », notre « icône » n’est-elle pas bien souvent salie par nos égoïsmes, nos orgueils, nos injustices, nos erreurs, nos violences… Il faut la laver et la purifier et c’est bien le baptême d’eauque Jean-Baptiste donnait en demandant à ceux qui venaient l’interroger de retrouver ce qui était profondément humain en eux. N’est-ce pas la première démarche à faire pour revenir vers le Père, le Créateur ?
    Le Messie vient apporter un autre baptême : « Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu » De l’être humain que nous sommes, Il vient en faire un fils ou une fille de Dieu. Cela ne peut se faire que par le don de Dieu Lui-même, par l’Esprit Saint. Il vient habiter en nous pour nous apprendre à aimer et pour brûler tout ce qui en nous résiste à cet amour pour Lui et pour les autres. Par la foi vécue selon l’évangile, Il nous transforme petit à petit en filles et fils bien-aimés du Père, essayant, bien qu’imparfaits, de ressembler au Fils bien-aimé.
             La véritable source de joie, ne vient-elle pas à la fois de vivre en profondeur notre humanité et vivre du don de l’Esprit Saint en nous qui nous fait comprendre combien le Seigneur nous aime et combien Il nous apprend à aimer à notre tour.
              
             Mais prenons garde ! Jean-Baptiste insiste vigoureusement sur l’urgence de prendre position. A l’aide d’images empruntées au monde rural de son temps, Jean évoque la séparation du grain et de la paille, la distinction entre les « bons » et les « méchants ». Nous savons bien que cette ligne de partage passe au milieu de chacun de nous, entre ce qu’il y a de meilleur et ce qu’il y a de mauvais dans notre cœur. Par ces paroles tranchantes, Jean-Baptiste place chacun de nous face à sa propre vie, ses propres choix et l’évangile dit bien que parler ainsi c’est une manière d’annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume. Loin de nous attrister, elle nous conduit tout droit vers Celui qui nous aime mieux que tous et nous permet d’aimer en vérité pour notre plus grande joie et notre plus grand bonheur.


    Cherchons donc à être pleinement “humains”, avec ce qu’il y a de meilleur dans la nature humaine. Jésus ne l’a-t-Il pas sanctifiée en passant la plupart de sa vie humblement  parmi nous, à Nazareth ? Mais demandons-lui aussi, jour après jour le don de l’Esprit-Saint du Père qu’Il nous  “divinise” dans le feu de son amour et le don de nous-mêmes.
            

    AMEN !
  • HOMELIE 2ème Dimanche de l’AVENT- C. Lc 3, 1-6 9 Décembre 2018


    HOMELIE 2ème Dimanche de l’AVENT- C.  Lc 3, 1-6
    9 Décembre 2018

    Toute chair verra le salut de Dieu… ” Lc 3,6
     
             Le début solennel de cet évangile confirme la manifestationde la Parole de Dieu dans l’Histoire, cette Parole qui ne cesse de s’adresser aux hommes depuis la Création. C’était au temps vers l’an 27-28 de notre ère, du règne de l’empereur romain Tibère, du gouverneur Ponce Pilate, des princes Hérode, Philippe et Lysanias, des grands prêtres Hanne et Caïphe, bref du beau monde. Alors, “il y eut une parole de Dieu sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert”. La foi chrétienne repose non pas sur des idées mais sur quelqu’un : Dieu qui nous parle. C’est pourquoi, les chrétiens ne sont pas les gens du Livre mais de la Parole vivante 
             Et justement, dans cet évangile, on ne parle pas de Jésus, mais quelque chose se prépare, annoncée par une Parole, qui va bouleverser le monde. Et Jean se met en mouvement : il parcourt la région fertile du Jourdain, en bordure du désert, proclamant un “plongeon” (c’est ce que signifie le mot « Baptême ») plongeon de conversion, de retournement  pour le pardon des péchés. Ainsi s’accomplit la prophétie d’Isaïe. Dieu est fidèle et sa parole réalise toujours ce qu’elle dit.
             Tous les textes de ce 2ème dimanche de l’Avent sont tournés vers l’avenir. Ils annoncent un évènement qui vient, qui sera joyeux parce que le peuple, proclamait Baruch, sera conduit par Dieu à la lumière de sa gloire et escorté de sa miséricorde et de sa justice.
             Oui, c’est bien beau tout çà, mais çà tarde à venir car le monde est loin d’être transformé et il est bien souvent en pleine souffrance ! C’est vrai. Par son ministère, par sa mort sur la Croix et par sa Résurrection, le Christ a inauguré le Royaume de Dieu ; Il en a donné les signes, mais ce ne sont encore précisément que des  arrhes, comme un début du Royaume (en effet, un acompte, c’est une somme d’argent que l’on avance quand on achète quelque chose et qui garantit pour l’avenir le versement total). Jésus a bien vaincu le mal et la mort, mais le mal et la mort sont encore à l’œuvre dans ce monde. Il n’empêche que des signes encourageants sont également à l’œuvre. Voici le temps de la foi où il ne tient souvent qu’à nous et à l’aide que nous apporte l’Esprit du Seigneur de voir se manifester ces signes et même d’être appelés à en être acteurs.
    Ces temps de préparation à Noël sont particulièrement favorables : solidarité, partage, mobilisation contre toutes formes de maux que sont les maladies, le chômage, les précarités… Ainsi, toutes les initiatives prises par les associations confessionnelles ou non, mise à disposition de lieux d’accueils pour les sans-logis notamment par les paroisses; visite aux prisonniers et colis de Noël à leurs enfants ;  visites aux personnes isolées, repas de Noël ; bref, vous pourriez en trouver d’autres.  
             Que Dieu seul puisse établir définitivement le Royaume ne doit pas nous démobiliser. Paul nous encourage à progresser dans l’amour et dans le discernement de ce qui est essentiel. Qu’est-ce qui est le plus important dans notre vie ? Des personnes ou des choses ? Avec ou sans Dieu ? Pour moi ou pour d’autres aussi ? Pour tout de suite ou pour plus longtemps ? 
             L’évangile d’aujourd’hui se termine par une parole pleine d’espérance et ouverte à toute l’humanité : « Toute chair verra le salut de Dieu ». Puissions-nous, par notre foi et notre charité hâter la venue du Règne de Dieu et que nous, chrétiens ensemble, puissions témoigner de cet amour universel et total de Dieu pour tous. Oui, nous en avons tous besoin !

    AMEN !
  • HOMELIE 1er Dimanche de l’AVENT- C. Lc 21,25-28 ; 34-36 2 Décembre 2018


    HOMELIE 1er Dimanche de l’AVENT- C. Lc 21,25-28 ; 34-36
    2 Décembre 2018

    AVENT, Temps de l’Espérance.

    Redressez-vous, relevez la tête… ” Lc 21,28
     
    Apocalyptique, le discours de Jésus annonçant sa venue dans l’Évangile de ce jour. Tout d’abord, à quel moment Jésus le prononce-t-il ? Dans le passage qui précède cet Évangile (Lc 21,5-24), Jésus est dans le Temple de Jérusalem. Les disciples en admirent la beauté. Jésus leur annonce qu’il n’en restera pas pierre sur pierre. A leur question : « Quand cela arrivera-t-il ? » Jésus répond par ce discours de style apocalyptique.
    C’est un langage codé, pétri d’images de l’Ancien Testament, qu’il ne s’agit pas de prendre au premier degré. Jésus dévoile (ce que signifie étymologiquement le mot "apocalypse") en effet le projet de Dieu. Contrairement aux philosophes de l’Antiquité qui pensent l’histoire du monde comme un éternel recommencement, Il affirme que cette histoire a un sens ; que le monde a été créé par Dieu et qu’il est appelé à se renouveler avec le retour glorieux du Fils de l’Homme. Cette expression est tirée du livre du prophète Daniel. Dn 7. Dans une vision, celui-ci a vu des bêtes monstrueuses surgir de la mer et ravager successivement la terre. Elles représentaient les différents empires qui ont dominé la région. Elles furent remplacées par un fils d’homme qui vient sur les nuées du ciel et à qui un vieillard assis sur le trône a accordé une domination éternelle, une royauté qui ne sera pas détruite.
    Jésus, en évoquant le bouleversement des repères habituels de notre monde (le soleil, la lune et les étoiles) ne fait qu’annoncer l’avènement de ce Royaume, qui ira de pair avec le renversement des pseudo-valeurs de ce monde : violence, mensonge, dérèglements de toutes sortes…de quoi susciter une panique profonde chez ceux qui s’y attachent aujourd’hui.
      Jésus recommande alors de rester éveillés, [mot à mot : « soyez sans sommeil » – (hupnos=sommeil)] ce qui pourrait signifier deux choses :
    ·         Sortez de vos « hypnoses »que Jésus énumère dans ce passage d’Évangile : débauche, ivrognerie, soucis de la vie, bref toutes formes d’addictions qui alourdissent le cœur et la volonté…
    ·         Mais aussi, veiller à suivre les “chemins de justice” dont parlent les psaumes ; chercher à “vous ajuster” à la volonté de Dieu et, par exemple, « à faire aux autres ce que vous aimeriez qu’ils nous fassent : là est la Loi et le Prophètes »Matthieu 7, 12.  Nous n’aurons plus à ressentir d’angoisse : nous nous redresserons, nous relèverons la tête, nous rendrons courage et espoir aux gens blessés ou même écrasés par les évènements de leur vie, car notre libération approche et nous aurons la force pour nous tenir debout devant le Fils de l’Homme.

    Un des signes de l’espérance que nous pourrons montrer au monde, ce sont nos gestes de solidarité, inspirés par la compassion et l’Esprit du Seigneur qui nous rend proche de nos frères. Au nom des dons de Dieu que sont  notre Baptême et notre Confirmation, soyons prompts “à manifester la charité de Dieu, à vivre en actes dans le concret de nos vies, l’amour que nous donne le Père, comme annonce de sa tendresse pour tous les hommes.”     

    A la demande de Jésus, prions en tout temps pour demeurer, dans cette attitude de recherche de vie fraternelle ainsi que  d’accueil de la volonté de Dieu. Ce temps de l’Avent nous est propice : préparons dès maintenant la Fête lumineuse et paisible de Noël. 
                                                                       
    AMEN !
  • HOMELIE CHRIST, Roi de l’univers B - Jn 18, 33-37. 21 Novembre 2018


    HOMELIE CHRIST, Roi de l’univers B -  Jn 18, 33-37.
    21 Novembre 2018

    Un roi étonnant, alors même qu’il comparait devant Pilate, le représentant de l’immense empire romain, qui a sur lui pouvoir de vie et de mort. Jésus qui, jusque là n’a guère parlé de sa royauté, va la faire affirmer par ce fonctionnaire romain. « C’est toi qui dis que je suis roi » Mais Pilate ne le voit-il pas à la manière des hommes, c'est-à-dire comme celui qui exerce un pouvoir sur les autres hommes, souvent tyrannique et arbitraire ?
    Jésus poursuit, comme pour ouvrir Pilate à un autre monde : « Moi, je vais te dire comment je suis roi : « Je suis venu dans ce monde, ton monde, pour rendre témoignage à la vérité… »
    Mais là encore, de quelle vérité s’agit-il ? Dans la langue biblique, le mot « vérité », en hébreu, “èmeth” est de la même racine que “amen” ou “èmouna”, la fidélité. Comme dans le Psaume 92 d’aujourd’hui : « Dès l’origine ton trône tient bon, depuis toujours, tu es », elle désigne quelque chose de ferme, solide, stable, immuable, sur laquelle on peut s’appuyer, parce qu’elle a fait ses preuves ; quelque chose ou quelqu’un de sûr, de fidèle, qui ne trompe pas, qui ne déçoit pas. Cette vérité alors n’est pas une notion abstraite, philosophique mais une personne. Elle est « l’Alpha et l’Oméga, [1ère et dernière lettre de l’alphabet grec] Celui qui est, qui était et qui vient » (2ème Lecture, Ap 1, 8) qui aura le dernier mot parce qu’Il est l’Amour. Et cette personne vient humblement à notre rencontre pour que nous écoutions sa voix, c'est-à-dire pour que nous l’imitions.
             Pas facile aujourd’hui pour nous de vivre souvent à contre-courant des valeurs présentées par ce monde comme des vérités, alors qu’elles ne sont que des “modes” de pensées ou de comportements ; des orientations de régimes politiques, économiques, souvent idéologiques ; ou encore des tendances culturelles véhiculées par un monde médiatique replié sur lui-même. Tout cela passe  avec le temps, chassé d’ailleurs par d’autres “modes” ou courants, souvent opposés.
    Mais il ne faut pas se situer sur le même terrain : car si la vérité est une personne, qui est Dieu, elle ne se possède pas. Par contre, si nous écoutons sa voix, comme le propose Jésus à Pilate, alors nous appartenons à la vérité. Nous laissons régner Jésus sur notre vie.Elle devient remplie de pensées, de paroles, de gestes d’amour et même de pardon. Notre manière de vivre révèle, à notre petite mesure, la zone d’influence du Christ et donne sans doute à d’autres l’envie de partager cette appartenance : elle devient évangélisatrice. C’est dire qu’au cœur de nos souffrances et de nos joies, de nos fatigues et de nos attentes, de toutes nos rencontres, il nous faut chercher chaque jour, à nous laisser guider par la Parole et l’Esprit de Celui qui est Vérité et Vie. Cela ne nous dispense pas pour autant de faire appel à notre raison humaine, créée elle aussi par Dieu, mais de le vérifier à la lumière de l’Évangile.
    Invitation à des moments de recueillement avec le Seigneur à la lecture de sa Parole et de la voix intérieure de nous-mêmes pour des prises de conscience personnelles, mais aussi écoute de ce que nous disent des témoins actuels de la foi, les personnes en responsabilité, ministres de la Parole ou compétents en certains domaines qui touchent à la fidélité (ou à l’oubli) de la volonté de Dieu : respect de la vie, attention aux pauvres de tout genre et à leur service, recherche de la justice et de la vie fraternelle. Appartenir à la vérité, n’est-ce pas chercher à faire la vérité dans notre vie et finalement trouver Dieu ?
    La proposition paroissiale du parcours « Osons la Mission», qui démarrera en Décembre et se poursuivra jusqu’en Avril, pourra nous aider chacun par les rencontres en équipe à réfléchir aux manières concrètes d’annoncer l’Évangile aujourd’hui autour de nous.
    Mais déjà, que nos messes dominicales deviennent des moments privilégiés pour l’écoute de la Parole, la rencontre avec Celui qui nous parle au cœur et avec nos frères qui font la même démarche. Ainsi, tout au long de la semaine, le Christ règnera à sa manière, pour notre bien, celui de nos proches et par extension celui de notre humanité. AMEN !
  • HOMELIE 33ème Dimanche Temps Ordinaire B."Fin du monde ou fin d’un monde ?" - Mc 13, 24-32 18 .11. 2018.


    HOMELIE 33èmeDimanche Temps Ordinaire B. Mc 13, 24-32
    18 Novembre 2018.

    Fin du monde ou fin d’un monde ?

    En cette fin d’année liturgique, l’Évangile nous présente un scénario de fin du monde qui sera quelque chose de terrible, d’apocalyptique. L’image populaire en a fait un évènement effroyable qui s’abattra sur la terre, empruntant au livre de l’Apocalypse et aux apocalypses bibliques, des images fantastiques, épouvantables, que l’on a modernisées, à partir des cataclysmes d’aujourd’hui, en annonçant une guerre atomique, des tornades, des tsunamis, des tremblements de terre, des épidémies meurtrières, des dérèglements climatiques provoquant des incendies comme ces derniers jours en Californie ou des pluies diluviennes comme ce dernier mois dans la Sud de la France, en Italie et même en Jordanie : que d’images qui font peur !

    Que dit Jésus à ses disciples ? Il utilise Lui aussi les images de son temps : Il annonce une terrible détresse, suivie des astres comme le soleil et la lune, considérés à l’époque comme des divinités païennes, qui perdent leur éclat ; les étoiles qui tombent du ciel… Il ne faut pas prendre ces images au pied de la lettre. Mais Il prend le terme d’Apocalypse dans son sens original : du grec : apocalupsis,  apokaluyis: action de découvrir, de révéler. Il révèle tout simplement  la victoire de Dieu sur les forces du mal et en particulier sur l’idolâtrie païenne ; la fin du vieux monde et l’avènement d’un monde nouveau.  Non pas fin du monde, mais fin d’un monde.
    Comment continue-t-Il de présenter cette fin d’un monde ? De façon très différente. Il parle de sa “venue”. Ce sera un grand moment de lumière et de joie. Celui qui a donné sa vie pour tous les hommes viendra sur les “nuées”,c'est-à-dire là où se trouve notre Père des Cieux. Il fait référence à une vision du prophète Daniel : « Je regardais dans les visions de la nuit, et voici qu’avec les nuées du ciel venait comme un Fils d’Homme… » (Dn 7, 13-14) ; le « ciel », c’est le “monde de Dieu”, où tous les gens s’aiment, parce que tous sont devenus comme Lui. Alors par sa puissance, Jésus, le “Fils de l’Homme”, détruira toutes les injustices; Il dénoncera tous les mensonges et fera la vérité sur tous ; Il ne laissera plus de place à l’égoïsme, à la haine, mais toute la place sera faite à l’amour vrai, au partage, au respect de la dignité de chacun,  à l’union entre tous.  
             Si Jésus annonce un événement heureux et définitif, Il nous invite également à l’anticiper pour mieux l’accueillir quand il se produira. Nous ne savons ni le jour ni l’heure de sa venue mais nous pouvons nous y préparer dès maintenant. Sa Parole éclaire déjà notre vie mieux qu’un soleil. En la mettant en pratique, c’est déjà Lui et son Père que nous accueillons : « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. » Jn 14,22.
     En ce Dimanche de l’année, le Secours Catholique nous invite de façon pressante au partage avec ceux plus démunis.  Comment répondre à cet appel urgent aujourd’hui puisque l’on a recensé plus de 9 Millions de pauvres dans notre pays et plus d’un milliard dans le monde entier ? Nous ne pouvons rester  insensibles et indifférents, craintifs sur notre propre avenir particulièrement en ce temps d’incertitude économique.
    Nous, les baptisés, marqués par la Croix de l’amour du Christ et qui écoutons et retenons sa Parole, nous savons que son retour est aussi sûr que, lorsque les branches du figuier deviennent tendres et que les feuilles sortent, c’est bientôt l’été et que Ses Paroles ne passeront pas.
    Enfin, quand nous constaterons que  la justice, la vérité et la bonté grandissent dans notre cœur et notre intelligence, alors nous saurons que Jésus, “le Fils de l’Homme” est proche, à notre porte. Ce sera un grand bonheur : nous n’aurons vraiment pas peur !
              
        AMEN !
  • HOMELIE 32ème Dimanche du Temps Ordinaire B.« L’offrande de la veuve du Temple » Mc 12, 38-44 11 Novembre 2018


    HOMELIE 32ème Dimanche du Temps Ordinaire B. Mc  12, 38-44
    11 Novembre 2018

    « L’offrande de la veuve du Temple »

    L’Évangile de ce dimanche  nous présente deux séquences aux personnages bien opposés. D’une part, les scribes, plein de vanité et d’hypocrisie et une pauvre veuve effacée et généreuse. Jésus mets en garde contre l’attitude des premiers qui pourrait être parfois la nôtre si nous n’y prenions garde, et s’intéresse davantage à cette pauvre veuve.
    Qu’a-t-elle de si intéressant ?
    Au temps de Jésus, une veuve était dans une très grande précarité. Femme dans un monde plutôt masculin, elle était privée de la protection de son mari et de ce fait ne disposait pas de ressources propres ni d’assistance. Elle faisait partie des trois catégories de pauvres que la Bible mentionne tout au long de ses livres : l’orphelin, l’étranger et la veuve. La Loi juive, la Torah, prescrit plusieurs mesures en leur faveur : « Tu ne prendras pas en gage le vêtement d’une veuve » « Tu leur laisseras les épis de blés que tu n’auras pas moissonnés » « « Tu leur laisseras les olives que tu n’auras pas ramassées » « Tu leur laisseras quelques grappes sur la vigne que tu auras vendangée » (Dt 24, 17-22).
    Jésus observe donc la foule qui vient apporter ses offrandes au Trésor du Temple. Les riches mettent des grosses sommes : c’est alors, dit-on, que l’on sonnait la trompette pour que les fidèles reconnaissent, admirent et imitent éventuellement ces généreux donateurs. La « pauvre veuve » ne dépose que deux piécettes (un quadrant, le 1/64 d’une journée de travail, autrement dit, pas grand-chose, de fait). Mais pour Jésus, il en va autrement !

    « Amen, je vous le dis :… »Parole solennelle, qui va en étonner plus d’un, à commencer peut-être par les disciples. « …cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde ! » Pourquoi ? « … car tous, ils ont pris sur leur “périsseuntos[mot à mot : “ce qu’ils ont en plus autour d’eux”], leur superflu, ce qu’il ne leur est pas nécessaire. « …mais elle, de son indigence (de son manque), elle jeta toute sa subsistance bion(vie, ressources pour vivre) »

    Jésus s’émerveille de cette pauvre veuve. Il nous invite à voir au-delà du visible, particulièrement, le  spectaculaire qui nous attire voire, nous fascine. Certains médias sont redoutables pour cela. Lui, Jésus, nous conduit à ce qui est invisible mais à l’œuvre dans un cœur capable de donner.

    La 1ère lecture de ce dimanche (1R 17, 10-16) nous présente également une veuve de Sarepta, au Liban actuel. Celle-ci offre au prophète Élie tout ce qui lui reste de nourriture représentant quelques heures à vivre avec son fils. Elle fait confiance au prophète et, à travers lui, à Dieu. Ces veuves ont su découvrir, sans doute avec l’épreuve de leur deuil, qu’elles n’avaient plus d’autre appui que Dieu seul. Par leurs gestes, elles révèlent où est leur vrai trésor. Jésus ne s’y trompe pas, Lui qui quelque temps après fera la même démarche en donnant sur la Croix tout ce qu’Il a pour vivre, sa vie d’homme.

    La veuve de Sarepta, la pauvre veuve du Temple et Jésus sont de la même famille : généreux, humbles et discrets, mais si profondément croyants. C’est ce que Jésus essaye d’apprendre aux disciples qui, comme les scribes, s’intéressent jusqu’au bout aux premières places. Au lieu de cela, Il les invite et Il nous invite à être discrètement généreux, et en même temps, audacieux dans le don d’eux-mêmes.
    Que la célébration de cette Eucharistie où le Christ une nouvelle fois se livre à nous, nous aide à voir ce qui est discret, petit aux yeux du monde mais si grand au regard de Dieu. Qu’Il nous donne, par son Esprit Saint, le courage et la grâce de Le suivre.
              AMEN !
  • HOMELIE 31ème Dimanche ordinaire B. “ Quel est le plus grand commandement ? ” Mc 12, 28b-34 Le 4 Novembre 2018.


    HOMELIE 31èmeDimanche ordinaire B. Mc  12, 28b-34
    Le 4 Novembre 2018.

    Quel est le plus grand commandement ? ”
     
    Un scribe, un intellectuel juif connaissant bien les Écritures, s’avance vers Jésus, sans malveillance, et lui pose une question qui peut nous étonner : « Quel est le plus grand de tous les commandements ? »  La Loi juive comporte en effet 613 prescriptions pour les hommes, 365 négatives (autant que les jours de l’année), et 248 positives, (autant qu’il y a d’éléments composant le corps humain, selon la science de l’époque). Il s’en suit nécessairement des problèmes de choix  de priorités d’où la question du scribe.
    Jésus lui répond en se référant à l’Écriture et en citant le premier commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur… »(C'est-à-dire, tu t’attacheras au Seigneur, en particulier en cherchant à comprendre ce qu’Il veut dans ses Paroles). Ce commandement, le « Shema Israël… » « Écoute Israël… » (Dt 6,4-5), est le Credo qui est récité chaque jour par les juifs ; le second commandement est la citation d’un passage du livre du Lévitique: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19,18)
    Le scribe alors approuve Jésus et ajoute que le rapprochement qu’Il avait fait des deux commandements de l’amour de Dieu et du prochain  « valait mieux que toutes les offrandes et les sacrifices » : autrement dit, il affirme que le commandement unique de l’amour est le vrai culte rendu à Dieu. Jésus voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, le félicite et pourtant lui dit : “ Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu ”
    Que lui manque-t-il donc à ce scribe pour qu’il soit dans le Royaume de Dieu ?  Il ne suffit pas de savoir ce que Dieu demande : il faut aussi vouloir et pouvoir le faire ; et comment vivre un amour si exigeant ?Comment respecter un tel commandement ? Le scribe devra attendre encore un peu pour comprendre comment entrer dans le Royaume de Dieu.
    En effet, pour entrer dans le Royaume, il faut accueillir en soi l’Esprit de Jésus qui nous a été rappelé à la Toussaint par les Béatitudes. Il demande d’accueillir Jésus Lui-même, pétri d’amour, constitué par l’amour, qui a aimé jusqu’au bout et qui par sa mort et sa résurrection peut nous enraciner dans un amour toujours plus grand et plus profond. Il se charge de nos faiblesses en amour, et même de nos erreurs, de nos refus, de nos péchés, et nous donne son Esprit Saint. Il nous communique ainsi la force d’aimer qui va jusqu’au pardon et l’amour des ennemis. Jésus accomplira cela à Pâques, à Jérusalem : par la suite, les Apôtres, témoins, le révèleront après la Pentecôte. Le scribe, comme chacun de nous, pourra alors entrer dans le Royaume avec l’Esprit de Jésus.

    L’amour comme seule et unique règle de vie des croyants accomplit ce que la Loi proposait au peuple de l’Alliance. En communiant au Christ, nous entrons en communion avec Dieu et avec nos frères, communion inséparable qui, si elle n’est pas respectée, fait de nous un menteur : « Si quelqu’un dit qu’il aime Dieu et qu’il hait son frère, il est un menteur »1 Jn 4,20.

    Continuons à accueillir le Seigneur pour apprendre à aimer. Rendons-Lui grâce et comme le scribe, chantons : « De quel amour j’aime ta loi ! Tous les jours je la médite ! » Ps 118. 

    Mais le Christ n’est-Il pas notre Torah ?

            
    AMEN !
  • HOMELIE TOUSSAINT. Les Béatitudes (Mt 5, 1-12a) - Jeudi 1er Novembre 2018.


    HOMELIE TOUSSAINT.
    Jeudi 1er Novembre 2018.

    Les Béatitudes (Mt 5, 1-12a)

    Quel paradoxe entre l’attrait suscité par l’invitation joyeuse de Jésus à être heureux et le défi que lance au bon sens commun de l’homme chaque béatitude ! Vous avez entendu : « Heureux les pauvres, les doux, ceux qui pleurent, les affamés de justice, les miséricordieux… » Mais c’est tout le contraire ! Tous ces gens-là n’intéressent personne et même on les fuirait comme des rabat-joie ou des gêneurs.
    Et pourtant, ceux-là même qui les critiquent et s’en moquent sont-ils vraiment heureux ?
    Il convient bien sûr de ne pas faire de fausse interprétation sur ces béatitudes et tout d’abord, de les traduire correctement. Pauvre n’est pas opposé à riche, mais à orgueilleux (Pauvre de cœur, mot à mot : « petit de souffle » c'est-à-dire non rempli de soi-même, et donc il y a de la place pour les autres… et pour Dieu ! Toutes les autres béatitudes en découlent mais elles peuvent nous effrayer par leurs exigences.
    C’est là que les saints nous sont d’un grand secours à condition de ne pas les prendre d’abord comme des héros, mais comme des femmes et des hommes de foi qui ont fait confiance en écoutant et suivant leur maître et Seigneur Jésus.
    Croyez-vous que les François d’Assise, les Vincent de Paul, les mères Teresa, les Charles de Foucault, les Jeanne Jugan ou les curés d’Ars bref tous les bienheureux et les saints aient été au départ des champions de l’Évangile ? Je ne crois pas, mais un jour ou petit à petit, ils ont été touchés par une parole du Christ et ils ont découvert qui était le Père dont parlait si souvent Jésus. Un Père passionnément amoureux des hommes et qui désire que chacun devienne son enfant comme nous le rappelait St Jean dans la deuxième lecture de cette fête. Bien sûr, Le Père compte sur notre concours et ne fait rien sans nous : c’est une question d’amour respectueux. La multitude de ces hommes et de ces femmes que nous dévoilait l’Apocalypse a donc écouté le Fils et mis en œuvre une des béatitudes en l’accomplissant jusqu’au bout.
    L’humilité pour Saint François, le curé d’Ars, Sainte Bernadette, la petite Thérèse ; la douceur et la sagessespirituelle pour Saint François de Salles ; la soif de justice pour Jeanne d’Arc, Marcel Calot, Mgr. Oscar Romero ou l’aumônier allemand Franz Stock ; la miséricorde pour mère Teresa, Jeanne Jugan ou Sr Faustine ; la fidélité dans la persécution pour sr. Edith Stein et sa solidarité avec son peuple d’origine… Vous en nommeriez bien d’autres, canonisés, béatifiés ou en voie de l’être ; peut-être aussi parmi un proche de votre famille ou de vos connaissances qui ont illuminé leur vie par l’humilité, la douceur, la patience, la compassion, la droiture et le pardon. Vous en trouveriez  même parmi les membres d’autres confessions chrétiennes (comme Martin Luther King ou Bonhöffer) ou même encore s’inspirant de l’esprit évangélique, sans être chrétien, comme Gandhi. En chaque témoin, nous pouvons retrouver l’une ou l’autre des Béatitudes proposées par Jésus. Chacune conduit au vrai bonheur, celui d’aimer en vérité et  de rencontrer Dieu, source de cet amour. Et enfin, de devenir son enfant bien-aimé.
    C’est en nous engageant sur ce chemin de bonheur que l’Esprit de Dieu transforme notre cœur en venant l’habiter et en combattant contre les forces du mal, comme encore cette multitude de gens vêtus de blanc dont parlait l’Apocalypse et qui était sauvée par Jésus, l’Agneau. Jésus n’a-t-Il pas illustré Lui-même ces Béatitudes tout au long de sa vie ?

    En Communion avec Lui et avec tous les saints et bienheureux, choisissons l’une des béatitudes et familiarisons-nous avec l’un ou l’autre de ces aînés dans le Royaume qui l’ont particulièrement bien illustrée en le prenant comme “parrain” ou “marraine”, non seulement comme notre modèle, mais également comme intercesseur, actif auprès du Père dans cette immense Communion des Saints que nous proclamons chaque Dimanche dans notre Credo.
    Rendons grâce au Seigneur pour le Trésor spirituel qu’Il nous offre et Bonne Fête à Tous !
            
    AMEN !
  • HOMELIE 30ème Dimanche du Temps Ordinaire B.Bartimée, l’aveugle de Jéricho. - Mc 10, 46-52 - 28 Octobre 2018.


    HOMELIE 30èmeDimanche du Temps Ordinaire B.
    28 Octobre 2018. Mc  10, 46-52

    Bartimée, l’aveugle de Jéricho.

    Josué  [Jésus et Josué se disent dans la Bible grecque des LXX de la même façon : Yeoshua, « Dieu sauve »] sort de Jéricho : il a traversé la ville et il ne s’est rien passé !  Et pourtant, Jéricho représente le moment fort de l’entrée en Terre Promise, la première ville conquise par les hébreux arrivant d’Égypte après 40 ans de désert. Regardons de plus près.
    Tandis que les disciples et une foule nombreuse accompagnent « Jésus de Nazareth », assis au bord du chemin, se tient un homme qui a perdu la vue, Bartimée. En tant qu’aveugle, comme s’il avait péché, il est exclu de la vie ordinaire, laissé sur la touche. Cependant, s’il ne voit pas, il écoute,en vrai fils d’Israël : « Écoute Israël… » « Shema Israël… » Deutéronome 6, 4, profession de foi de base de tout israélite, répétée trois fois par jour. Dans sa nuit, n’éprouve-t-il pas un manque profond de communication ? Il est de ceux que désigne la béatitude : « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés » (Matthieu 5, 5) que l’on peut traduire mot à mot : « En marche (levez-vous !) ceux qui sont en deuil (et qui donc vivent un manque profond) : ils auront la Consolation, (c'est-à-dire, le Messie Lui-même) », comme le vieillard Siméon qui attendait la “Consolation d’Israël” : Luc 2, 25.
    Un cri jaillit alors de sa poitrine : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! »N’est-ce pas là une vraie profession de foi messianique?  La foule ne voit en Jésus que le rabbi guérisseur de Nazareth à qui elle fait honneur. Elle est gênée par les cris de détresse et d’espoir de cet aveugle. Mais lui, de plus en plus fort, clame sa profession de foi et son espoir : « Fils de David, aie pitié de moi ! ». Malgré le brouhaha, Jésus s’arrête : lui aussi sait écouter. Alors la foule change d’attitude : « Bon ! Courage ! Lève-toi, Il t’appelle ! » Et lui rejetant son manteau, se libérant du peu qu’il avait, bondit vers Jésus.
    « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ». Quelle drôle de question ! Mais ne traduit-elle pas toute la délicatesse de Jésus qui demande que nous disions clairement ce que nous désirons, même quand la demande est on ne peut plus naturelle et humaine ?  « Que je recouvre la vue ! » A comprendre au premier comme au second degré : voir, jouir de sa vue, et voir le vrai sens des choses telles que Dieu les voit. « Va, ta foi (cette autre manière de voir à la façon de Dieu) t’a sauvé ». Elle t’a fait entrer dans toute la lumière, Bartimée, à tel point qu’à présent, tu veux suivre ton Sauveur. « Il recouvra la vue et le suivait sur le chemin ».
    Jésus quitte Jéricho pour monter à Jérusalem, cœur de la foi. Il va y être acclamée par la foule aux cris de : « Hosanna au Fils de David ! »(Marc 11, 8-10) et les gens jetteront leurs manteaux sur son passage.
             Le chemin de libération du Sauveur commence à Jéricho pour s’achever à Jérusalem, avec, comme pour héraut et premier sauvé, Bartimée. Ce chemin fait appel à la foi qui fait entrer dans la Vie.

    ü“Voir” au-delà des apparences, comme Bartimée qui devint son disciple (acolyte dans le texte) et non comme cette foule « suiveuse » qui accompagnait Jésus.
    üEprouver nos manques pour lui demander de les combler, Lui le Messie, la Consolation d’Israël, le Fils de David.
    üSuivre le nouveau Josué, suivre le libérateur, sur la route alors qu’Il monte à Jérusalem pour passer de ce monde à son Père, de cette terre à la terre promise définitive.

    Bartimée : le fils de Timée, dit l’Évangile, mais cela ne nous renseigne pas beaucoup. Et pourtant, Timée, en araméen, désigne l’impur ; celui qui a péché : Bartimée, le “fils de l’impur” ; mais en grec, cela signifie : “Le fils très précieux” !
    Ne nous invite-t-il pas à une magnifique conversion ?
    AMEN !
  • HOMELIE 29ème Dimanche Ordinaire B - Demande des fils de Zébédée. Mc10,35-45 - 21.10.2018


    HOMELIE 29èmeDimanche Ordinaire B. Mc 10,35-45
    21.10.2018

    Demande des fils de Zébédée

    L’Évangile de ce Dimanche est à la fois pittoresque et bien révélateur. Pittoresque car il met en scène deux disciples qui composaient, avec deux autres frères, Pierre et André, le noyau dur des Apôtres de Jésus. Il les a appelés à être témoins de la résurrection de la fille de Jaïre : Mc 5,37 ; de sa Transfiguration : Mc 9,2 ; de ses pleurs sur Jérusalem « qui n’a pas connu le temps où elle a été visité » : Mc 13,3 enfin de son Agonie : Mc 14,33.
    « Fils de Zébédée », quelle belle appellation ! Elle vient de l’hébreu « Ze-badyahu » qui signifie « Cadeau de Dieu » ! Ne croyons pas trop vite qu’ils aient été plus ambitieux que les autres apôtres qui s’indignèrent de leur démarche. N’ont-ils pas  tout quitté pour suivre Jésus ? Ils avaient pourtant une belle place auprès de leur père Zébédée, patron d’une pêcherie florissante. S’ils demandent à être l’un à droite, l’autre à gauche de Jésus, n’est-ce pas pour rester tout près de Lui ? D’ailleurs, Jésus ne les blâme pas, ni ne se fâche : à aucun instant il ne conteste leur désir d’être auprès de Lui : mais Il les invite à Le suivre sur le chemin difficile et étroit de Sa Passion et de Sa Mort où « Il boira Lui-même la coupe jusqu’à la lie ».
             Jésus livre alors son message essentiel, celui qui nous révèle Dieu tel qu’Il est. « Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude ». Le mot « rançon » est souvent mal compris. J’emprunte à Marie-Noëlle THABUT le commentaire suivant : « Aujourd'hui, quand nous entendons le mot rançon, c'est dans le contexte d'une prise d'otage, il s'agit de payer la somme exigée par les ravisseurs, seul moyen d'obtenir la libération du prisonnier. Le mot "rançon" désigne le montant de la somme à verser... Tandis qu'à l'époque du Christ, au contraire, le mot rançon  signifiait la libération, c'est-à-dire la seule chose importante en définitive. Le mot grec qui a été traduit par rançon (Lutron) est dérivé du verbe Luo) qui signifie « délier, détacher, délivrer…Dieu est libérateur »                 
            
    Rester près de Jésus et porter son message comme l’ont fait Jacques et Jean, c’est devenir « serviteur » comme le maître, donné à fond, "jusqu’au bout". (L’Evangile utilise également le mot "esclave"). Seuls ceux qui ont vécu et vivent aujourd’hui cela ont été ou deviennent vraiment "missionnaires". Tels sont  les sept nouveaux saints que le pape François vient de canoniser. Chacun à leurs manières, ils ont été serviteurs.
    Exercer un pouvoir dans l’Église, à la suite du Christ, c’est être au clair avec nos motivations et repérer toutes celles centrées sur nos propres désirs et intérêts qui auraient pour conséquences d’écraser les autres. Être à sa place, souvent appelé par une autorité responsable dans l’Église ou par la Communauté, et avoir une vie intérieure humble et qui a de l’espace pour Dieu et les autres.
     C’est bien ce à quoi le Christ nous appelle tous et chacun d’entre nous, dans des situations très diverses : parents, éducateurs, enseignants, catéchistes, animateurs d’Aumônerie de Club St Quentin, de mouvements scouts, membres de Communauté Nouvelle, mais aussi engagés et bénévoles dans un service caritatif ou auprès de malades ou personnes âgées : le champ est large et il y a de la place pour tout le monde. Vivons en serviteurs avec ce "cocktail missionnaire"fait de respect, bienveillance, accueil, patience, vigilance et courage, priant sans cesse l’Esprit Saint.
             Prions-Le les uns pour les autres ; pour les missionnaires au loin ou tout près de nous,
                     
    AMEN !