Le Pain au pays du riz

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Je suis parti en volontariat avec les Missions Étrangères de Paris au Vietnam près de Vinh de mars à août 2015. J’y ai donné des cours d’anglais tous les jours à des jeunes se posant la question de la vocation. Voici un poème que j’ai écrit là-bas.

 

Au Vietnam, les églises sont récentes.
Non pas que les paroisses soient naissantes,
La taille s’adaptant au nombre de croyants,
On sait à l’avance qu’il ne va pas en décroissant.
Alors tous les vingt ans, on détruit,
Puis encore plus grand, on construit.

Lors de l’annonce d’une nouvelle construction,
Grandiose, superbe et retenant votre attention,
Si vous pouviez voir sur ces calmes visages
Le sourire glorieux de l’assemblée de tous âges.
De voir que leur don, modeste et infiniment petit,
Donne naissance à un lieu qui les grandit.
Encore préciser, pour insister mon admiration,
Qu’ils connaissent l’impôt sans défiscalisation.

Vous vouliez une grasse matinée ?
Avec la messe, vous pouvez l’oublier !
Tous les matins à quatre heures,
Les cloches sonnent, un vrai bonheur.
C’est la nuit, les chiens aboient.
Y aller, vous n’avez pas vraiment le choix !
Messe à quatre heures trente pétante,
Mais finalement, c’est une vraie détente.

Une messe de semaine, une demi-heure ?
Non ! Ça ne serait pas Lui faire honneur.
On vient bien souvent bien avant,
Organiser les places et préparer les chants.
L’occasion de faire un chapelet,
Avec celui-ci à la main s’il vous plait !
Les chants sont d’une beauté inégalée,
Même les lectures sont à demi chantées.
Chose qui serait impossible en français,

Cette langue est douce, elle est paix.
Dans l’église, on se tient avec respect
Chemise rentrée et bras croisés.
Bras croisés ? Cela pourrait surprendre
C’est différent, vous en avez à en apprendre !

Cette assemblée n’est-elle pas belle ?
En suivant la « Présentation Générale du Missel »
L’on devrait toujours se mettre à genoux
Que l’agenouilloir soit dur ou bien mou.

La France est bien le seul pays que j’ai visité
Où nous n’avons pas assez d’humilité
Pour demeurer à genoux devant notre Dieu !
Révolutionnaire ! Ah ! Pauvre peuple d’orgueilleux !

Les chants vous bercent et vous emmènent,
Oh Dieu ! Ces voix ne sont pas de cette Terre !
Ils vous enchantent, émerveillent et promènent.
Un autre lieu, un autre temps, une autre aire.
Ainsi vos cinq sens sont à l’honneur :
Vos yeux auront vu sa splendeur,
Vos oreilles ont gouté au bonheur,
Vos mains ont accueilli le Seigneur,
Votre bouche a connu le Sauveur,
Votre nez, de l’encens, a senti l’odeur.

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Vous pouvez retrouver tous mes poèmes sur le lien :  https://goo.gl/va5kAv

Bertrand POIROT

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