St Louis & pénitence

st Louis Franciscain

Saint Louis, roi pénitent

Ouvrir le carême par une semaine de jeûne et de prière, c’est une manière de vivre l’année Saint Louis en goûtant de manière très concrète à la spiritualité du saint roi. Grâce au témoignage de ses contemporains et de ses biographes, et par les écrits de Louis lui-même, on connaît en effet de manière assez précise sa personnalité spirituelle. On peut dresser la liste impressionnante de ses pratiques dévotionnelles. On sait sa fréquentation amoureuse de l’Écriture, ou encore son souci constant de traduire son amour de Dieu par des gestes de justice et de charité.

Les pratiques de pénitence tiennent une grande place dans sa vie spirituelle. C’est sans doute l’expression de sa proximité avec les moines cisterciens, et les frères mendiants de Saint Dominique et de Saint François. Les mortifications corporelles que Saint Louis s’infligent ont de quoi effrayer un esprit moderne ! Il y a sans doute de l’excès. Ce n’est d’ailleurs pas cet aspect de sa personnalité que l’Église choisira de mettre en avant : en 1297, le pape Boniface VIII, dans le sermon de canonisation, ne revient que sur le jeûne, la rigueur vestimentaire, et le renoncement à tout confort inutile. Mais surtout, il souligne le double enjeu de cohérence qui justifie la nécessité de telles pratiques pénitentielles :

  • Cohérence entre « vie publique » et « vie privée », selon nos mots d’aujourd’hui : comment le roi peut-il dominer les autres avec justice et sainteté sans se dominer lui-même ? Ce n’est pas d’abord aux puissants d’aujourd’hui que Saint Louis pose la question, mais à chacun de nous. En nous aidant à maîtriser notre corps et ses appétits, la pénitence nous fait progresser dans la justesse de nos rapports avec les autres.

  • Cohérence d’une vie chrétienne « en 3D », aussi : paraphrasant Saint Paul (cf. Eph 3,18), Boniface VIII souligne que Saint Louis fut grand par sa longue persévérance dans la recherche du Bien, par son ample charité, par sa profonde humilité tant intérieure qu’extérieure cultivée dans la pénitence, et par l’élévation de son âme sans cesse tournée vers Dieu.

La pénitence est donc une des dimensions nécessaires à la vie chrétienne, sans laquelle celle-ci reste « à plat », souvent réduite à un discours philosophico-éthique. Puissions-nous la redécouvrir avec une simple joie, au cours du carême qui vient, chacun selon les pratiques que notre cœur nous suggérera !

P. Bruno VALENTIN+