Pèlerins d’Espérance des Yvelines, appelés à porter la paix

L’an dernier, notre diocèse a vécu, avec toute l’Église, la grande et belle expérience d’une année
jubilaire. En préparation de ce temps fort, j’avais écrit aux communautés catholiques des
Yvelines une lettre intitulée « Porter une parole d’Esperance en Yvelines » en la fête de la Croix
Glorieuse (14/09/2024). Je vous écris de nouveau en cette solennité de la Divine Miséricorde
qui conclut l’octave de Pâques et qui célèbre la bonté infinie de Dieu pour chacun de nous et
pour toute l’humanité. En ce jour d’action de grâce, mais aussi en ces temps de guerre et de
tensions, il est bon de recueillir, avec un peu de recul, les fruits de l’année jubilaire que nous
avons vécue dans notre diocèse. Cette lettre évoque, en de courts témoignages, l’expérience du
Jubilé et manifeste combien notre espérance en a été fortifiée. Cette espérance nous conduit
aujourd’hui à devenir des artisans de paix… la paix que le Ressuscité offre au monde.
Soyons témoins de la résurrection, source de l’espérance et de la paix

« La Paix soit avec vous. » (Jn 20,19). Tels sont les premiers mots du Christ ressuscité
apparaissant à ses apôtres. La paix est offerte à tous par Celui qui a vaincu la mort. C’est « une
paix désarmée et désarmante » comme dit le pape Léon XIV. Cette paix est un don de Dieu :
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. » (Jn 14,27).
La mort et la résurrection du Christ fondent l’espérance chrétienne. « Dans sa grande
miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus
Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni
flétrissure. » (1 P 1,3) . L’apôtre Pierre nous révèle que nous sommes destinataires de l’infinie
miséricorde de Dieu et qu’elle agit par le don de l’espérance qui nous anime. Prenons le temps
de voir comment cette espérance a été ravivée durant l’année jubilaire.

Rendons grâce pour la belle expérience du Jubilé

Les témoignages recueillis au cours de cette année jubilaire1 l’expriment de manière forte :
« L’Esprit Saint est à l’œuvre ». Il a œuvré lors du rassemblement diocésain « Ascension 2025 »
à Jambville, où nous avons goûté la « joie de voir autant de frères et sœurs », la « joie de
l’Église qui rassemble ». La joie de la « communion dans la diversité des cultures et des âges ».
La joie aussi de vivre la démarche jubilaire, et de repartir en paix.
La relecture des temps forts partagés en paroisse ou en communauté a mis en lumière de
nombreux fruits, une « pluie de grâces » : la prise de conscience de l’unité et de la grandeur de
l’Église, lors de pèlerinages à Rome ou du rassemblement œcuménique de Taizé, « une prise
de conscience ecclésiale, d’être membres du Corps du Christ », d’ « être aimés de Dieu », une
expérience de fraternité, un renouvellement dans la foi à l’occasion des baptêmes d’adultes et
d’adolescents lors de la Vigile Pascale.
1Fruits de la relecture de l’année jubilaire en paroisse, et des relectures de certains temps forts (Ascension 2025,
Jubilé des jeunes, pèlerinage «Trésors d’Espérance»…)
Dans nos propres vies, nous avons aussi perçu les fruits de l’année jubilaire, lors de moments
simples, souvent inattendus où l’un ou l’autre a fait l’expérience de sentir son « cœur tout
brûlant » : une parole d’Évangile qui éclaire, une rencontre fraternelle où on se sent écouté,
compris et soutenu, la prière des frères, une confession, une relecture de vie mettant en lumière
la permanence de Dieu, un pardon reçu ou donné, un échange avec une personne fragile, une
« foi réveillée », par une « lumière intérieure ».
Pèlerins d’Espérance, tout au long de cette année, nous avons vécu un chemin de
conversion individuelle et communautaire. Certains témoignent de « la prise de conscience
d’une autre manière de regarder : être moins dans l’attente de résultats visibles et plus dans
l’accueil d’une action de Dieu discrète et réelle ». « L’Espérance s’enracine dans une posture
intérieure de veille capable d’accueillir la nuit sans la nier, tout en restant ouvert à la promesse
de l’aube. » « Savoir, avec le Christ, transformer l’épreuve en chemin de vie. » « L’Esperance
chrétienne se forge précisément lorsque tout semble bloqué (deuil, scandales de l’Église, …).
En choisissant de continuer à marcher dans la confiance ».
Un fidèle témoigne d’« un cheminement lent pendant l’année qui a abouti à une grande paix à
Noël ». Ce passage de l’Esperance à la Paix, l’Église l’a vécu peu à peu tout au long du Jubilé.

 

Portons la paix, dans la joie de la Résurrection,

Aujourd’hui, ce temps pascal ravive notre espérance et nous invite à accueillir la paix du
Ressuscité en nos cœurs, en nos relations, en nos communautés, en notre monde. Pourtant, la
réalité de notre monde paraît sombre : tensions internationales, guerres, individualisme,
égoïsme, injustice, violence… Mais l’expérience de l’année jubilaire nous rappelle que non
seulement l’espérance est bien là, mais également qu’elle nous invite à nous mettre en
mouvement : un « appel à vivre différemment nos vies », à « être une lumière, rayonner,
témoigner par notre vie avec le sourire », à « oser témoigner du salut », à « agir en faveur du
bien commun ». L’espérance nous appelle à « encourager », à « être présent », à « s’engager
auprès de ceux qui souffrent, à se mettre au service », à « œuvrer à ce que chacun ait sa place
dans l’Église, notamment le plus fragiles ».
Mettons en œuvre aujourd’hui les fruits du Jubilé de l’Espérance ! Il n’est pas trop tard ! Très
concrètement, je vous invite à prier pour la paix – sous toutes ses formes – dans le monde : que
le Christ ressuscité envoie son Esprit de paix dans le cœur des responsables politiques et suscite
une espérance nouvelle pour les peuples en guerre. Puissions-nous dans nos communautés
paroissiales porter, jour après jour, une prière fervente pour la paix, dans les veillées, les temps
d’adoration, la prière personnelle… Que Jésus le Christ, Prince de la Paix, accueille nos prières
et intercède auprès du Père de toute miséricorde pour l’avènement d’une paix durable pour tous.

Dimanche de la Divine Miséricorde, le 12 avril 2026,
✠ Luc Crepy
Évêque de Versailles pour les Yvelines

 

Prière pour la paix du Pape Léon XIV
(mars 2026)
Seigneur de la Vie,
toi qui as façonné chaque être humain à ton image et ressemblance,
nous croyons que tu nous as créés pour la communion, non pour la guerre,
pour la fraternité, non pour la destruction.
Toi qui as salué tes disciples en disant: «La paix soit avec vous»,
accorde-nous le don de ta paix
et la force de la rendre réelle dans l’histoire.
Aujourd’hui, nous élevons notre prière pour la paix dans le monde,
en suppliant que les nations renoncent aux armes
et choisissent le chemin du dialogue et de la diplomatie.
Désarme nos cœurs de la haine, du ressentiment et de l’indifférence,
afin que nous devenions des instruments de réconciliation.
Aide-nous à comprendre que la véritable sécurité
ne naît pas du contrôle nourri par la peur,
mais de la confiance, de la justice et de la solidarité entre les peuples.
Seigneur,
éclaire les dirigeants des nations,
pour qu’ils aient le courage d’abandonner les projets de mort,
d’arrêter la course aux armements
et de placer au centre la vie des plus vulnérables.
Que jamais plus la menace nucléaire ne conditionne l’avenir de l’humanité.
Esprit Saint,
fais de nous des bâtisseurs fidèles et créatifs de paix quotidienne:
dans nos cœurs, nos familles, nos communautés et nos villes.
Que chaque parole bienveillante, chaque geste de réconciliation
et chaque choix de dialogue soient les semences d’un monde nouveau.
Amen.