Introduction
Cette date de la consécration, le 4 octobre 2026 a été choisie pour des raisons pratiques (il fait normalement encore beau à cette époque !), mais aussi symbolique.
François est celui qui a reçu l’appel du Seigneur à reconstruire l’Eglise qui tombait en ruine. Muni de pierres et de mortier, il s’était mis à reconstruire la chapelle de Saint Damien, avant de comprendre que c’était l’Eglise peuple de Dieu, marquée par une phase de déclin spirituel à cette époque, qu’il lui fallait rebâtir…
François, c’est l’ami des pauvres et des petits, des exclus. François, c’est la tentative de pont avec le monde musulman à travers le dialogue fameux avec le sultan d’Egypte au cœur même de la croisade.
François, c’est le contemplatif de la création par qui il remonte au Créateur. François, c’est celui qui touché au plus profond de lui-même par l’amour divin portera en sa chair le signe de la conformité à la croix du Seigneur.
Bref, François est un bon modèle pour réfléchir à ce qu’est l’Eglise et pour nous inviter à vivre en fils et filles de l’Eglise, rassemblés dans une nouvelle église.
La fête de Saint François étant aussi le terme du « temps de la création » institué par le Pape François, J’ai demandé à l’équipe Eglise verte de la paroisse de nous préparer un programme spirituel qui nous conduira vers la consécration tout au long de septembre.
Merci à elle d’avoir préparé les pages suivantes !
Le père Benoît, votre curé
Chaque semaine, vous trouverez :
- un aspect de la vie de Saint François, un texte de la Bible,
- une prière,
- des questions pour la réflexion,
- le lien que nous pouvons faire avec un des saints dont nous aurons la joie d’avoir une relique dans l’autel.
Semaine I – De l’église vers l’Eglise
Un jour de 1205, ayant renoncé à la gloire de la chevalerie mais ne sachant pas que faire de son existence, François prie, dans une chapelle en ruines, devant un grand crucifix byzantin. Là, sa vie va changer définitivement.
Le Crucifié pose son regard sur lui. Il lui parle : « Va, François, répare mon Eglise qui, tu le vois, tombe en ruine ». Au début, il pense qu’il s’agit de pierres à relever mais il comprend peu à peu que le projet est plus vaste qu’une petite chapelle en ruine et qu’il s’agit de réformer l’Eglise. Et il sait que cette transformation de l’Eglise passe par sa propre conversion.
François est à jamais transformé. Le Christ est entré dans sa vie. Le Christ pauvre et crucifié, souffrant, mais aussi glorieux.
Et il n’aura de cesse, pendant le reste de sa vie, d’imiter cette pauvreté, de partager cette souffrance. Et il lui sera fait le don de vivre le mystère de la croix pour entrer dans la gloire de son Maître.
À San Damiano, François avait trouvé sa place dans la vie. Il ne cherchait rien d’autre. Mais Dieu le surprit de nouveau en lui faisant un cadeau inattendu : ses frères.
Avec eux, il vivrait « selon la forme du saint Évangile » et parcourrait le monde en annonçant la paix. La semence évangélique porterait alors ses fruits les plus abondants.
François se souvient : « Après que le Seigneur m’a donné des frères, personne ne m’a montré ce que je devais faire, mais le Très-Haut lui-même m’a révélé que je devais vivre selon la forme du saint Évangile».
Avec ses premiers compagnons, il ne souhaitait pas créer un ordre pyramidal, mais une fraternité circulaire. Il aspirait à instaurer une réciprocité de service qu’il voyait rayonner dans l’Évangile. « Que personne ne soit appelé premier, mais que tous soient appelés frères mineurs. Et que l’un lave les pieds de l’autre.» La beauté, parfois douloureuse, des relations humaines, vécue au nom de l’Evangile, conduit à un monde plus fraternel.
Pape François le 4 octobre 2013 dans la salle du dépouillement à Assise :
“Mais je voudrais, comme Pasteur, me demander également : de quoi l’Église doit-elle se dépouiller ?
Se dépouiller de toute mondanité spirituelle, qui est une tentation pour tous ; se dépouiller de toute action qui n’est pas pour Dieu, qui n’est pas de Dieu ; de la peur d’ouvrir les portes et d’aller à la rencontre de tous, en particulier des plus pauvres, des personnes dans le besoin, éloignées, sans attendre ; certainement pas pour se perdre dans le naufrage du monde, mais pour apporter avec courage la lumière du Christ, la lumière de l’Evangile, même dans l’obscurité, là où on ne voit pas, où il peut arriver de trébucher ; se dépouiller de la tranquillité apparente que donnent les structures, certainement nécessaires et importantes, mais qui ne doivent jamais obscurcir l’unique force véritable qu’elle porte en elle : celle de Dieu. C’est Lui notre force ! Se dépouiller de cela est essentiel, car la référence est le Christ ; l’Église est celle du Christ ! De nombreux pas, en particulier au cours de ces décennies, ont été accomplis. Continuons sur cette voie qui est celle du Christ, celle des saints.[i]
“L’Eucharistie est pour Saint François le prolongement de l’Incarnation : « Voyez : chaque jour il s’abaisse, exactement comme à l’heure où, quittant son palais royal, il s’est incarné dans le sein de la Vierge ; chaque jour c’est lui-même qui vient à nous, et sous les dehors les plus humbles ; chaque jour il descend du sein du Père sur l’autel entre les mains du prêtre. » (Adm1, 16-18) François énonce admirablement le parallèle entre Eucharistie et Incarnation : même mouvement d’abaissement de Dieu pour nous rejoindre dans notre chair, même simplicité, même humilité, dans l’hostie consacrée, comme dans la venue du Christ dans notre histoire. « Et de même qu’il se présentait aux saints apôtres dans une chair bien réelle, de même se montre-t-il à nos yeux maintenant dans du pain sacré… Lorsque, de nos yeux de chair, nous voyons du pain et du vin, sachons voir et croire fermement que c’est là, réels et vivants, le Corps et le Sang très saints du Seigneur. » A l’image des Apôtres qui ont cheminé avec le Christ, vécu à ses côtés et partagé son humanité, ce que François souhaite le plus ardemment, c’est de pouvoir suivre les traces de son Bien-Aimé.”
Or, l’Eucharistie est pour lui le sacrement privilégié de la présence du Christ, qui lui donne à voir et à contempler son Seigneur : « du très haut Fils de Dieu, je ne vois rien de sensible en ce monde, si ce n’est son Corps et son Sang très saints ». Par ce sacrement, le Seigneur dévoile sa présence, il demeure avec nous chaque jour et pour toujours : « Tel est en effet le moyen qu’il a choisi de rester toujours avec ceux qui croient en lui, comme il l’a dit lui-même : Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde.»
Cette rencontre intime avec le Seigneur passe par le « voir » et le « croire ». Il est intéressant de remarquer que l’homme a souvent besoin d’un signe pour croire, il lui faut d’abord voir pour croire. Dans l’Eucharistie, la perspective est renversée : c’est croire qui rend capable de voir, et les deux sont indissociables. C’est l’Esprit-Saint, Esprit de Vérité, qui nous donne de croire, et donc de voir, dans le pain et le vin, le Corps et le Sang très saints du Seigneur « réels et vivants ».
C’est l’Esprit qui ouvre notre cœur et notre intelligence pour que nous puissions donner foi aux paroles de Jésus : « Ceci est mon corps…ceci est mon sang… » et François nous invite à « voir et croire, selon l’Esprit et selon Dieu »”[ii]
Lecture biblique – 1ère lettre de Saint Pierre, 2 1-9
01 Rejetez donc toute méchanceté, toute ruse, les hypocrisies, les jalousies et toutes les médisances;
02 comme des enfants nouveau-nés, soyez avides du lait non dénaturé de la Parole qui vous fera grandir pour arriver au salut,
03 puisque vous avez goûté combien le Seigneur est bon.
04 Approchez-vous de lui : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu.
05 Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ.
06 En effet, il y a ceci dans l’Écriture : Je vais poser en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie, précieuse ; celui qui met en elle sa foi ne saurait connaître la honte.
07 Ainsi donc, honneur à vous les croyants, mais, pour ceux qui refusent de croire, il est écrit : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle,
08 une pierre d’achoppement, un rocher sur lequel on trébuche. Ils achoppent, ceux qui refusent d’obéir à la Parole, et c’est bien ce qui devait leur arriver.
09 Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.
Prière de Saint François devant le crucifix de Saint Damien
Dieu très haut et glorieux,
Viens éclairer les ténèbres de mon cœur ;
Donne-moi une foi droite, une espérance solide et une parfaite charité ;
Donne-moi de sentir et de connaître,
Afin que je puisse l’accomplir,
Ta volonté sainte qui ne saurait m’égarer.
Amen
- Je rends grâce pour l’Église, même dans sa pauvreté.
- Comment puis-je vivre mon appartenance à l’Église, avec sa pauvreté et ses richesses ?
- Où puis-je « semer ma graine évangélique » ? Quels sont mes lieux de témoignage ?
- Je participe à l’Eucharistie avec une attention renouvelée.
- J’arrive 5 minutes à l’avance pour me préparer en silence.
- L’Eucharistie est-elle vraiment au centre de ma semaine ? Comment pourrait-elle l’être davantage ?
[i] RENCONTRE AVEC LES PAUVRES, LES CHÔMEURS ET LES IMMIGRÉS ASSISTÉS PAR LA CARITAS DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS Salle du dépouillement de l’évêché, Assise Vendredi 4 octobre 2013
[ii] P. Clamens-Zalay, François et l’Eucharistie, Franciscains 94, 1er février 2023