La Semaine Sainte

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Nous arrivons à la grande semaine où nous célébrons les mystères de notre foi.

Pour bien entrer dans ces 8 jours, il faut bien comprendre que la liturgie fonctionne sur deux rythmes.

Un rythme hebdomadaire et un rythme journalier.

Le rythme hebdomadaire nous fait passer d’un dimanche à un autre.

Je rythme journalier nous fait faire des plus petits pas et obéis à sa logique propre.

Le rythme hebdomadaire nous fait donc célébrer sur deux dimanches et la passion et la résurrection (Rameaux et Pâques).

Le rythme journalier nous fait cheminer tout au long de la semaine, en suivant le calendrier possible de la dernière semaine de Jésus à Jérusalem.

La rencontre de ces deux rythmes nous fait donc célébrer deux fois les dernières heures de Jésus (qui « meure » donc le dimanche des Rameaux et le vendredi saint !).

Si nous prenons donc le rythme journalier, le dimanche des Rameaux nous fait entrer à Jérusalem avec Jésus. Acclamé par les foules qui voient en lui le fils David, celui qui va rétablir la souveraineté juive sur la Judée et la Samarie, Jésus est accueilli par les balancements de palmes et des cris de victoire (Hosanna ! Dieu Sauve !), qui ne sont pas sans rappeler la fête des Tentes juives. Cette fête est à la fois une mémoire de l’exode et une attente messianique, eschatologique (fin des temps).

Jésus entre donc dans la ville sainte. Mais contre toute attente, il ne prend pas le pouvoir. Il exhorte une dernière fois ses contemporains à la conversion, par des discours et des paraboles. Il chasse les marchands du Temple pour annoncer la fin du culte sacrificiel et il dessèche un figuier, symbole de la Loi, pour annoncer l’avènement d’une alliance nouvelle.

Il appelle à la veille, car les temps sont accomplis. Et invite à se préparer au jugement dernier, fondé sur la compassion et la miséricorde.

Jésus reçoit une onction d’un grand parfum par une femme. Jésus y voit l’annonce de sa mise au tombeau.

Nous aussi, nous faisons de manière détournée mémoire de cette onction, par la messe chrismale, (chrismale, chrême, Christ sont des mots de même origine. Christ est la traduction grecque du mot messie qui veut dire « celui qui a été consacré par l’onction »). au cours de laquelle les 3 huiles (Huile des Catéchumènes, Huile des malades et Saint Chrême) sont bénies et consacrée pour la dernière. Cette messe présidée par l’évêque à la cathédrale, rassemble tout le peuple chrétien autour des ministres qui renouvellent leurs engagements d’ordination.

Cette messe a lieu le mardi de la semaine Sainte.

La fête de la Pâques étant arrivée Jésus demande de préparer le repas domestique au cours duquel on fait mémoire de manière rituelle de la liberté offerte par Dieu au peuple juif lors de la sortie d’Egypte.

Lors de ce repas Jésus, assumant l’histoire de son peuple, part de ce mémorial pour en établir un autre, fondé sur sa mort et sa résurrection. Il « institue » l’eucharistie, qui nous permet d’être associé à cet acte suprême de Salut, et d’entrer dans l’alliance nouvelle et éternelle, scellée dans le don du Christ, gratuitement et librement.

Ce dernier repas est aussi, dans l’Evangile selon Saint Jean, le moment où Jésus établit sa royauté par le service humble de l’autre, à travers le lavement des pieds. Cette étrange cérémonie d’intronisation sera suivie par un couronnement tout aussi étrange dans la nuit.

Après le repas, Jésus prend le chemin du mont des Oliviers et vit son dernier combat spirituel. Assailli de tentations, il les repousse toutes pour faire la volonté du Père.

Nous faisons mémoire de cette dernière nuit, le jeudi saint, par une messe et le lavement des pieds de 12 paroissiens.

Trahi et livré par Judas, un de ses apôtres, il est arrêté. Il connaît ensuite un double procès, parodie de justice. Les chefs religieux (prêtres et conseil du Sanhédrin) lui reprochent son attitude vis-à-vis de la loi et l’accusent de blasphème. N’ayant pas le pouvoir de le mettre à mort, ils le conduisent vers Pilate, le gouverneur romain, sous le prétexte de sédition, Jésus ayant été acclamé comme roi !

Condamné à mort, il est conduit à la croix, où il est exécuté avec deux brigands.

Il remet sa vie librement entre les mains de son Père. Là où nous aurons rejeté Dieu, il croit (il prie avec un psaume), là nous aurions douté de la mission, il espère (il va jusqu’au bout sans fuir), là où nous aurions cultivé la haine, la rancœur et l’esprit de vengeance, il aime (il pardonne à ses bourreaux).

Enseveli dans un tombeau proche, il connaît la mort pour mieux la vaincre.

Nous faisons mémoire de cela le Vendredi Saint à travers les chemins de croix et l’office de la passion, au cours duquel nous vénérons la croix du Seigneur, nous souvenant que Jésus avait dit que ses disciples devaient eux aussi prendre leur croix.

Le grand samedi est un temps d’attente. Jésus est au tombeau. En fait, il est déjà en train de visiter les enfers, le séjour des morts, pour annoncer sa victoire à ceux qui l’ont précédé. C’est le temps des derniers préparatifs spirituels pour ceux qui vont recevoir les sacrements d’initiation chrétienne (baptême, confirmation et eucharistie).

Vient donc la grande nuit pascale. Dans la tradition biblique, la journée commence par la tombée du jour. Donc dès qu’il fait nuit nous entrons dans le jour de la mémoire de la résurrection et de son actualisation.

A travers la grande et belle liturgie, le peuple chrétien, avec les catéchumènes, fait mémoire de l’œuvre de Dieu depuis la création. Et nous comprenons que Dieu par son Fils porte cette création, marquée par la mort et le péché, jusqu’à sa perfection.

La vie est plus forte que la mort, l’amour est plus fort que la haine, la foi plus forte que le doute, l’espérance éclaire le monde.

Avec les saintes femmes et les apôtres qui ont découvert le tombeau vide nous sommes invités à accueillir la vie que Dieu donne et à entrer dans sa joie !