"Chrétiens/Mulsumans"

Xavier Chavane

Pouvons-nous vivre en frères ?

 

 

 

Au terme du parcours de formation, trois questions au P. Xavier Chavane, Vicaire Épiscopal pour la pastorale des cités dans les Yvelines.

Où en sont les relations entre catholiques et musulmans, chez nous en Yvelines ?

Elles progressent malgré un climat de plus en plus tendu : l’islamophobie et le salafisme qui dans sa version djihadiste se déchaine aujourd’hui dans plusieurs pays du monde ne cessent de grandir dans notre pays et se nourrissent l’un de l’autre.

Je pense que les catholiques connaissent mieux les musulmans aujourd’hui et les musulmans découvrent de plus en plus que les catholiques n’ont pas disparu et reprennent la parole dans notre société.

Aujourd’hui nous privilégions, pour faire grandir cette connaissance et estime mutuelle, des actions communes au profit des plus démunis : banque alimentaire, collectes pour les restos du cœur, ou des prises de parole à deux voix sur un sujet commun comme jeudi soir à Montigny.

 

Que diriez-vous à tous ceux qui se sentent gagnés par la méfiance, voire la peur, face à l’Islam ?

Je veux les encourager à vaincre cette peur en apprenant à connaître les musulmans par des relations personnelles et directes afin de faire grandir l’amitié entre nous. Aujourd’hui, il existe des formations proposées par le diocèse qui permettent de bien comprendre qui sont les musulmans et quels rapports nous pouvons nouer avec eux. L’Église a une longue expérience de dialogue depuis des siècles avec quelques figures de saints : François d’Assise, Charles de Foucauld, Jean-Paul II, les moines de Tibhirine, Pierre Claverie, qu’elle met à disposition de ses fidèles afin de nouer un dialogue en vérité dans la charité.

 

Musulmans et chrétiens : peut-on vraiment vivre en frères ?

Oui, si nous nous laissons guider par Jésus-Christ, le frère universel. L’Église nous enseigne que Jésus est le sauveur de tout homme et que « l’Esprit-Saint offre à tous (donc aussi aux musulmans), d’une manière que Dieu seul connaît, la possibilité d’être associé au Mystère Pascal » (Concile de Vatican II, G.S. 22,5). Cette fraternité est fondée sur l’Espérance que nous nous retrouverons ensemble au Ciel et que nous appellerons tous alors Dieu « Père, Abba ». N’ayons pas peur de manifester cette espérance dès à présent dans nos relations avec les musulmans. Nous devons avoir l’exigence « d’être des hommes de la bienveillance divine » (cf Luc 2,14), c’est-à-dire la Miséricorde.

 

Profession monastique de Florent du Puytison